Le christ et le centurion
Sébastien Bourdon
« Seigneur, je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; mais dis seulement un mot et mon serviteur sera guéri » l'admirable parole du centurion est répété par les catholiques depuis des siècles, à la messe, avant la communion.
Cette scène célèbre est rapportée par Mathieu et par Luc. Elle prend place au début des prédications du Christ, après les béatitudes et l'enseignement du Notre Père.
Suivi de trois soldats et d'un écuyer, un centurion vient trouver Jésus (ici entouré d'une demi douzaine d'apôtres) à Capharnaüm, et lui demande de guérir à distance son serviteur. Le casque étincelant qui réfléchi la lumière, posé à terre, une marche plus bas, est le signe que l'officier romain, humblement agenouillé, reconnaît la puissance du Christ. Il est mis en évidence par le peintre au premier plan, pour montrer que la scène se situe dans un contexte romain, même s'il est hautement fantaisiste avec ses plumes rouges. Le centurion, avec sa toge d'un jaune éclatant, est au centre de la composition.
Jésus, entièrement vêtu de bleu pour signifier qu'il s'est fait homme, fait un geste d'étonnement devant la foi de cet officier romain, appartenant à l'armée occupant le pays : « Chez personne, je n'ai trouvé pareil foi en Israël. » La toge du Christ est d'un bleu grisé plus sourd que celui de sa tunique, pour faire comprendre que sa qualité de Messie était encore peu perceptible par les foules et les disciples au début de sa vie publique, qu'elle était encore, en quelque sorte, dans l'ombre.
Le Christ et le centurion (appelé aussi Jésus et le centenier, ou l'humilité du centenier) est caractéristique du style du français Sébastien Bourdon, dont c'est une des plus belles œuvres. De date inconnue, réapparue en 1970 après plusieurs siècles de disparition, cette toile semble avoir été peinte pour un amateur lyonnais et non pour une église.
Au centre de cette belle vue de la campagne romaine, la présence du château Saint-Ange, proche du Vatican, évoque la catholicité et la papauté, bien que Bourdon fut protestant ; la cascade au-dessus de la tête du centurion, au centre du tableau, est le symbole du baptême et du Christ source de la grâce. Une diagonale très marquée part de l'angle supérieur du tableau, passe par le centurion à genou, et aboutie aux pieds du Christ, qu'il supplie humblement.
Notre tableau met en avant trois couleurs élémentaires éclatantes : jaune, rouge écarlate et bleu intense de pur lapis lazuli. Le vert est utilisé dans le paysage, et pour le vêtement de deux personnages à droite et à gauche du tableau : un homme à droite, et un enfant près du cheval blanc. Cela donne une symétrie et une harmonie classique remarquable.
Membre de l'église réformée, Bourdon fit néanmoins une brillante carrière à Rome puis à Paris, où il fut l'un des fondateurs et le recteur de l'Académie royale de peinture, ce qui prouve la tolérance envers les protestants sous Louis XIII et Louis XIV, malgré tout ce que l'on en dit. Sa prédilection pour les scènes de l'écriture sainte et son admiration pour l'Antiquité le rapproche de son contemporain Poussin, avec des personnages disposés en frise comme sur un bas relief.
Mais son style est extrêmement original et personnel, on peut même dire unique, et en tout cas aisément reconnaissable : un jeu de formes géométriques, des obliques, des plages de couleurs savamment équilibrées glissant les unes derrière les autres.
Mari-Gabrielle Leblanc
Aujourd'hui, c'est la fête de sainte Jeanne de Chantal ma sainte patronne.
Sainte Chantal, grand-mère de la Marquise de Sévigné, fonda l'ordre de la Visitation-Sainte-Marie, destiné aux femmes à la santé fragile, au XVIIe siècle. Elle est honorée le 12 décembre. Suite à la mort de son mari, le Baron de Chantal, Sainte Chantal sillonna la France veillant à l'édification des monastères de la Visitation. Tout en participant à la diffusion des ouvrages de Saint François de Sales, elle apporta avec ses propres écrits une contribution considérable à la pensée salésienne.
Bonne fête à toutes les Chantal !