Hier le 20 mai les catholiques italiens fêtaient saint Lucifer !
C'est un saint dont j'ignorai l'existence jusqu'à aujourd'hui, et je trouve que c'est une drôle d'idée d'affubler un bébé de ce prénom.
Livia
La tombe de Lucifer dans la cathédrale de Cagliari
(image wikipédia)
La première trace de Lucifer, dont nous ignorons le lieu de naissance, peut-être l’Italie, et les origines familiales, date de 325, lorsqu’il participe au concile œcuménique de Nicée, dans les faubourgs de Constantinople. Ce concile a été réuni afin d’examiner la doctrine d’un prêtre d’Alexandrie, Arius, ancien universitaire converti au christianisme qui, pétri de philosophie grecque et trouvant les évangiles trop simples, s’est mis en tête de réécrire l’histoire du Christ dans une version plus conforme, selon lui, aux aspirations des intellectuel
Lucifer, est un très beau prénom, qui signifie « Porteur de Lumière », en l’occurrence la lumière divine que le premier des Séraphins avait pour mission de répandre sur les autres chœurs angéliques puis sur l’humanité, rôle qu’il a refusé, ne voulant pas abaisser sa nature supérieure comblée de dons exceptionnels à servir un Dieu fait homme, prisonnier de la matière.
En se rebellant contre le plan divin, en hurlant qu’il ne servira pas, Lucifer brise son alliance d’amour démesuré avec le Très Haut et se voue pour l’éternité à un malheur irréparable, incommensurable, que nous pouvons à peine imaginer.
Cela fait, il perd sans retour non seulement les extraordinaires vertus qu’il possédait, désormais abîmées, faussées, mais aussi sa place au sommet de la hiérarchie angélique, passée à saint Michel. Il perd aussi son nom, qu’il ne mérite plus, pour prendre celui de Satan, ou de diable, qui signifie en grec « Diviseur » car il s’acharnera à séparer l’homme de son Créateur.
En latin, Lucifer désigne aussi « l’étoile matutine », la dernière à briller tandis que le jour se lève, annonçant le lever du soleil, raison pour laquelle ce nom de Stella Matutina est porté par Marie, qui annonce et enfante le Christ, Soleil de Justice. Cela explique pourquoi, dans les premiers temps de l’Église, il a pu ne pas sembler choquant de baptiser un enfant Lucifer, ce qui revenait à le mettre, non sous la protection du Malin mais, au contraire, sous celle de Notre Dame, et c’est ainsi qu’au début du IVe siècle un futur évêque a reçu ce prénom au baptême...