Vendredi 3 avril 2020
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire, un an de plus s'ajoute à ma vie.
Malheureusement cette année la famille en son entier ne pourra se réunir, mon fils et sa famille ne pourront pas venir, mais comme ma fille est venue habiter chez moi, pour que nous nous « confinions de concert », je ne serai donc pas toute seule pour cette anniversaire...
Livia
« Quand j’étais enfant, le sort d’aucun personnage de l’Histoire Sainte ne me semblait aussi misérable que celui de Noé, à cause du déluge qui le tint enfermé dans l’arche pendant quarante jours. Plus tard, je fus souvent malade, et pendant de longs jours, je dus rester dans “l’arche”. Je compris alors que jamais Noé ne put si bien voir le monde que de l’arche, malgré qu’elle fût close et qu’il fît nuit sur la terre. »
Marcel Proust
Les âges de la vie et la rose pour le cœur...
(image internet)
Savoir vieillir
Vieillir, se l’avouer à soi-même et le dire,
Tout haut, non pas pour voir protester les amis,
Mais pour y conformer ses goûts et s’interdire
Ce que la veille encore on se croyait permis.
Avec sincérité, dès que l’aube se lève,
Se bien persuader qu’on est plus vieux d’un jour.
À chaque cheveu blanc se séparer d’un rêve
Et lui dire tout bas un adieu sans retour.
Aux appétits grossiers, imposer d’âpres jeûnes,
Et nourrir son esprit d’un solide savoir ;
Devenir bon, devenir doux, aimer les jeunes
Comme on aima les fleurs, comme on aima l’espoir.
Se résigner à vivre un peu sur le rivage,
Tandis qu’ils vogueront sur les flots hasardeux,
Craindre d’être importun, sans devenir sauvage,
Se laisser ignorer tout en restant près d’eux.
Vaquer sans bruit aux soins que tout départ réclame,
Prier et faire un peu de bien autour de soi,
Sans négliger son corps, parer surtout son âme,
Chauffant l’un aux tisons, l’autre à l’antique foi,
Puis un jour s’en aller, sans trop causer d’alarmes,
Discrètement mourir, un peu comme on s’endort,
Pour que les tout petits ne versent pas de larmes
Et qu’ils ne sachent pas ce que c’est que la mort.
François Fabié
Un mot sur le poète
François Fabié
François Fabié, né au Moulin de Poupeyrac à Durenque (Aveyron) le 3 novembre 1846 et mort le 18 juillet 1928 à La Valette-du-Var (Var), est un poète régionaliste français.
Brillant élève à l'école primaire, il entre en 1857 au collège à Rodez. Reçu premier à l'École normale de Rodez en 4865, il part pour l'École normale spéciale de Cluny en Bourgogne en 1868, grâce à une bourse d'étude qui lui est attribuée par le ministre de l'Instruction publique.
En 1872 il devient professeur de littérature au lycée de Toulon. Il s´y marie et y publie son premier recueil de poésie, La Poésie des bêtes.
En 1883, il est nommé professeur au lycée Charlemagne à Paris.
En 1895, il reçoit le prix Archon-Despérouses.
En 1908, il prend sa retraite dans le village de La Valette à côté de Toulon d'où est native sa femme.
Le Moulin de Poupeyrerac, sa maison natale, est aujourd'hui un musée consacré à sa vie et à son œuvre.