Par Liviaaugustae
Soleil couchant sur les ajoncs
(Morbihan photo de mon fils)
Allez, mes vers, de branche en branche,
Vers la dame des Trawiéro,
Qu'on reconnaît à sa main blanche
Comme la moelle du sureau.
Elle est assise à sa croisée,
Devant la digue des Etangs :
Vous lui porterez ma pensée
Sur vos ailes couleur du temps.
Comme le soir vous favorise
Et que, dans le genêt touffu,
Pour épier votre entreprise,
Aucun barbon n'est à l'affût,
Elle vous répondra peut-être
Et se taira peut-être aussi.
Frappez toujours à sa fenêtre,
Mes vers, et n'en prenez souci.
Les Lycidas et les Silvandres
Vous le diront, ô soupçonneux :
Il est des silences si tendres
Qu'on voudrait se blottir en eux.
Et là, sans un mot, sans un geste,
Près d'un sein qui bat dans la nuit,
Goûter l'enchantement céleste
De mourir à tout autre bruit.
Charles Le Goffic (1683 -1932)
Un mot sur le poète
Charles Le Goffic (1931)
Charles Le Goffic, né le 14 juillet 1863 à Lannion où il est mort le 12 février 1932, est un poète, romancier et critique littéraire Français, dont toute l'œuvre célèbre la Bretagne.
Il est barde d'honneur de la «Gorsedd de Bretagne» (Fraternité des druides, bardes et ovates de Bretagne) sous le nom d'Eostik ar Garante (Le Rossignol de l'Amour).
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