Je lis et j'entends à droite et à gauche (surtout à gauche), des « témoignages » de personnes qui ont été élevées dans des écoles religieuses par des « bonnes sœurs » et qui durant toute leur scolarité auraient « soufferts le martyr» !
C'est bien connu, les « bonnes sœurs» sont des tortionnaires nées.
J'avoue que je n'y crois pas, et je pense que c'est juste une attaque de plus contre la religion catholique.
J'ai suivi toute ma scolarité chez les sœurs de Saint Joseph de Cluny à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe et je n'ai pas eu l'impression d'être maltraitée, et si j'ai souvent été punie, je le méritais car je n'étais pas une enfant très sage : j'étais assez indisciplinée, insolente et très bavarde.
C'est dans cette école que j'ai fait toutes mes études...
Une amie et moi, quand nous nous téléphonons, nous évoquons souvent nos souvenirs scolaires en riant aujourd'hui encore de nos bêtises d'alors...
C'est dire que mon amie et moi n'avons pas subit de mauvais traitements et n'avons absolument pas l'impression d'avoir été brimée par les sœurs.
Cette « femme », sœur Anne-Marie Javouhey, qui a créer la congrégation des sœurs de Saint Joseph de Cluny, avait un courage extraordinaire, elle a porté la culture, le savoir et l'éducation aux quatre coins du monde à une époque des plus difficile, puisqu'elle commence à œuvrer très jeune en catimini au nez et à la barbe des révolutionnaires... elle pourrait donner des leçons à bien des gens aujourd'hui !
Livia
Devise d'Anne-Marie Javouhey :
« Faire la volonté de Dieu, mais c'est tout !
La voir en tout, aimer à la faire et la faire aimer. »
Aujourd'hui c'est la devise de plus de trois mille sœurs réparties sur les cinq continents.
Elle est proclamé bienheureuse le 15 octobre 1950.
Des obstacles, Anne-Marie Javouhey en aura rencontré, pour accomplir sa vocation ; ils auront renforcé un caractère déjà intrépide et volontaire. Née à Jallanges, (Bourgogne), aînée d'une d'une fratrie de 10 enfants, elle a une enfance heureuse. Elle aime prier dans le petit oratoire du jardin de la famille. Quand la Révolution éclate elle n'a que dix ans ; elle instruit et catéchise des enfants en secret, guide la nuit les prêtres pourchassés par les révolutionnaires.
L'appel à servir Dieu se fait de plus en plus pressant. Mais son père, bien que bon chrétien, s'y oppose. « Epargnez-vous lui écrit Anne, le chagrin que vous auriez un jour de n'avoir permis à vos enfants de suivre leur vocation... J'ai promit à Dieu de me dévouer tout entière au service des malades et à l'instruction des petites filles. Je sais que votre bonheur est de nous rendre heureux ; pour moi, je vous assure que je ne les serais jamais si vous ne me l'accordez pas. »
Car Anne sait ce qu'elle veut, être religieuse, être missionnaire. C'est un projet courageux, presque impossible à cette époque, comme elle l'écrira plus tard : « Je n'avais que 18 ans, sans ressource dont je puisse disposer ; les communautés étaient toutes détruites par les révolutionnaires, tout paraissait rendre mon projet impossible...
Le père finit par céder et lui donnent les moyens de mener à bien ses projets.
En 1805, avec quelques compagnes elle prononce ses vœux . Elle est désormais sœur Anne-Marie. Elle obtient de haute lutte, la jouissance du petit séminaire d'Autun, et y accueille des fillettes pour les éduquer, et les blessés de la guerre d'Espagne pour les soigner.
E, 1812, la jeune congrégation s'installe à Cluny, dans l'ancien couvent des Récollets acquis par Monsieur Javouhey et prend le nom de Saint-Joseph-de-Cluny. Les fondations se succèdent en France et se font connaître par la qualité de l'éducation qui y est dispensée. C'est alors que le gouverneur de la Réunion demande que les sœurs y viennent pour assurer l'éducation de la jeunesse de là-bas. Anne-Marie voit là le moyen d'accomplir sa mission missionnaire et part sans hésiter.
C'est le début d'une grande et belle aventure qui se développera très rapidement au Sénégal, Gambie, Sierra Leone, Martinique, et Guadeloupe. Anne-Marie invitée par le gouverneur de la Guyane, elle va fonder elle-même la communauté de Mana le long de la rivière du même nom.