« Tartuffe»
(Tartufo, nom d'un personnage hypocrite dans la comédie italienne)
« Faux dévot, personne fourbe, hypocrite. »
«La déclaration est tout à fait galante / Mais elle est, à vrai dire, un peu bien surprenante»
(Molière, Tartuffe, acte III, scène 3).
À Tartuffe, qui lui fait une des plus belles déclarations d’amour de la littérature française, Elmire marque ainsi son étonnement. Lui, le dévot sévère sur les mœurs des autres, devient séducteur enflammé d’une femme mariée, celle de l’homme, en outre, qui l’a généreusement accueilli chez lui. Le langage courant a transformé le nom propre en nom commun — antonomase, disent les amateurs de mots rares — et on dénonce volontiers «un Tartuffe» chez tout homme dont les actions ne sont pas à la hauteur des discours tenus.
Car Tartuffe, Beaumarchais l’a perçu dès 1792 dans La Mère coupable, n’est pas seulement un censeur catholique d’Ancien Régime. Il se décline très bien à la mode républicaine et n’est pas plus aimable que son pieux prédécesseur. [...]
Dans son discours aux Bernardins Emmanuel Macron trouvais que : « les catholiques sont des citoyens exemplaires »
Dans ce même discours aux Bernardins, Emmanuel Macron demanda aux catholiques de faire trois dons à la République : le don de leur sagesse, le don de leur engagement, le don de leur liberté. Résumé magistral, par anticipation, de l’action des catholiques, évêques compris, pour obtenir le retour de la messe.
Pour réparer "le lien abîmé entre l’Église et l’État", le président de la République avait appelé les catholiques à aller "au bout de leur vocation".
C’est faire preuve de sagesse de ne pas renoncer à la liberté de culte par excès d’hygiénisme sanitaire. C’est témoigner d’un bel esprit d’engagement de se réunir pour prier sur les parvis des églises. C’est porter haut la liberté, enfin, de ne pas se soumettre docilement à un gouvernement abusant de son pouvoir. À l’évidence, les catholiques ont appliqué à merveille le programme que leur traçait leur Président, y compris quand obéir à ses discours supposait de désobéir à ses décrets. Ils sont allés « au bout de leur vocation ». La République leur doit une fois de plus reconnaissance. [...]
Il reste désormais à Emmanuel Macron à appliquer la partie du programme qu’il s’est lui-même fixé et à ne pas « manquer à son devoir ». C’est à son tour de réparer le lien abîmé entre l’Église et l’État dont il déplorait les méfaits. Pour que la part du catholique et la part du citoyen brûlent d’une même flamme, le Président a tout intérêt à ne pas cracher sur la lumière de Noël après avoir interdit le feu de Pâques.
Henri Quantin (extraits)
Nous irons donc à la messe à 6 mètres les uns des autres, pour respecter le décret de Castex, car nous respectons toujours les lois.
Par contre dans les magasins, les gens sont à 50cm, parfois un peu moins, les uns des autres, mais cela ne dérange absolument pas les tartuffes républicains.
Livia