Et tournez manèges !
Livia
Manège du Carrousel à Paris...
(image pixabay)
« S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! » aurait lancé la reine de France en 1789, en parlant du peuple.
Aucune source historique ne permet d’attester ces propos. La seule mention de cette formule, prêtée à une princesse anonyme, figure dans Les Confessions de Rousseau, écrites en 1765. Le prévôt de Beaumont, un pamphlétaire, l’aurait reprise et attribuée à Marie-Antoinette. Et les révolutionnaires les plus radicaux en auraient assuré la brillante carrière.
Dans l’Évangile selon saint Jean, Satan était censé revenir des enfers mille ans après y avoir été enchaîné par le Christ. Pourtant, contrairement aux idées reçues, l’an 1000 n’a pas été marqué par un vent de panique. La plupart des chrétiens avaient une notion très imprécise de leur calendrier, et le repère chronologique de l’ère chrétienne ne fut institué qu’au XVe siècle. Seuls les lettrés savaient que le nouveau millénaire approchait. Et, dès l’an 400, saint Augustin considérait cette période de mille ans comme symbolique. En 431, le concile d’Éphèse condamna même l’interprétation littérale du texte de saint Jean. La vision apocalyptique de cette période est en fait née à la Renaissance, quand la redécouverte de la philosophie antique a laissé penser, par opposition, que le Moyen Âge n’avait été qu’obscurantisme et superstitions. À la Révolution, ce mythe fut repris pour justifier la confiscation des biens du clergé, au motif que l’Église aurait orchestré les « paniques » de l’an 1000 pour récupérer les richesses des fidèles en échange de la rémission de leurs péchés.
L’assaut lancé sur la Bastille n’a en réalité rien de glorieux. Tout d’abord, la prison n’est la cible des émeutiers que pour les munitions qu’elle recèle. Le matin même, les se sont emparés de plus de 30 000 fusils aux Invalides sans trouver de poudre. Ensuite, cette « prise » n’en est pas vraiment une puisque le gouverneur des lieux capitule en échange de la vie de ses hommes. Mais malgré les promesses des assiégeants, il est décapité, et sa tête portée au bout d’une pique. Comble de tout, ce symbole du despotisme de la monarchie absolue n’abritait que sept détenus : quatre faux-monnayeurs, deux aliénés et un pervers. On invente alors un faux prisonnier plus prestigieux, le comte de Lorges, enfermé depuis trente-deux ans pour avoir écrit un pamphlet contre les jésuites ! Dans les jours qui suivent, l’événement enflamme l’imaginaire des citoyens et acquiert un statut mythique. Pour autant, la loi de 1880 qui instaure le 14 Juillet comme fête nationale ne précise pas si l’on commémore la prise de la Bastille en 1789 ou la fête de la Fédération, célébrée un an plus tard, en 1790.
À la suite de l’élection d’Abraham Lincoln, qui s’est prononcé contre l’esclavage, sept États du sud des États-Unis annoncent leur départ de l’Union et forment les États confédérés, ce qui déclenche la guerre de Sécession en 1861. Si le conflit conduit bien à la promulgation du Treizième Amendement, qui abolit définitivement la traite des humains, la question est loin d’être au cœur des motivations du président américain. Bien qu’opposé à l’esclavage, celui qui désirait que « la race blanche occupe la place supérieure » déclare : « Si je pouvais sauver l’Union sans libérer un seul esclave, je le ferais. » Les États esclavagistes qui ne font pas sécession, comme le Kentucky ou le Delaware, sont d’ailleurs autorisés à poursuivre cette pratique. Ce sont donc avant tout des raisons politiques – préserver l’Union – qui motivent le conflit. L’attitude ambiguë de Lincoln lors de la guerre civile a d’ailleurs conduit au retrait, en 2020, de sa statue (photo) d’un parc de Boston.