Baptême de Clovis, par le Maître Saint Gilles
(National Gallery of Art, Washington)
« Choisir le prénom d’un enfant est une tâche difficile qui donne lieu à de grandes cogitations, à de douteuses innovations, parfois même à d’âpres négociations… »
En 2014, Nathan et Emma étaient encore les premiers du classement ; depuis trois ans, ils battent des records de popularité. Même Léa, Manon, Lucas, Léo et Louise n’arrivent pas à les détrôner… Pour 2015, on attend beaucoup d’Armand, de Jade, de Jules, d’Alice, de Timéo (un lointain cousin de Bartimée) et de Mathéo. Seront-ils à la hauteur ?
Fini le temps où l’on appelait le petit comme le grand-père, finies les lignées de Jules et de Marcel, il faut être o-ri-gi-nal. Il faut reconnaître malgré tout, que le choix des prénoms n’échappe pas à la force centripète de la « mode » !
Dans l’Europe entière, les prénoms extraits de l’Ancien Testament sont furieusement tendance ; Adam et Eve, Noé, Léa, Sarah, Nathan, etc…
Les people n’échappent pas à la déferlante biblique, comme en témoigne cette interview d’anthologie : « J’aime les prénoms qui résonnent depuis des centaines d’années, nous livre un chanteur. Zachary et Elijah, prononcés à la suite ont une belle sonorité.[…]
« On a choisit Elijah parce que çà nous plaisait à tous les deux et parce que c’était le nom d’un chien qui a longtemps vécu avec nous auquel nous étions très attachés » (Paris Match, février 2013)
Faut-il rire ou pleurer, on ne sait trop !
Choisir le prénom d’un enfant est une responsabilité qui engage l’enfant. On ne le choisit pas comme celui d’un chien, ou d’un cochon d’Inde, parce que « çà sonne bien », (Lalou, Lola, Lou, Lilou, font fureur), (Dior et Channel ont leurs adeptes) « çà sent bon », « çà fait moderne » ou « çà déménage » (Stormie à la côte).
Que dire de l’orthographe aléatoire et des jeux de mots désastreux qu’il faudra porter toute sa vie ?
Ce ne sont pas là des choix d’adultes responsables mais plutôt des caprices d’ados attardés qui en « chosifiant » l’enfant, font reposer sur ses épaules un poids parfois considérable. Les Brutus, Hercule et autre Zlatan auront fort à faire pour assumer le choix de leurs parents.
Le prénom a une portée personnelle (il participera à la construction de l’enfant, de sa personnalité) mais aussi familiale et sociale : il fait partie de l’identité de la personne, et doit respecter la dignité. […]
Juliette Levivier
Des prénoms qui ne veulent pas dire grand-chose, nous « englicanisons » souvent les prénoms de nos enfants, pour être « in », ou « smart » et copier nos stars préférées!
Stormie est dérivé de l’anglais « stormy » qui veut simplement dire temps !
Des parents incultes, baptisèrent leur jumeau (deux garçons): « Tristan et Yseult », ils ignoraient qu’Yseult était un prénom de fille.
Thaïs (c’est aussi un garçon), mais c’était si joli, cela sonnait si bien ! Il est très mignon le petit Thaïs mais je le plains de porter ce prénom de fille !
Une écolo à appelé sa fille « Térébenthine » ça sonnait si bien.
Un acteur américain a appelé son fils « Jet », parce que dit-il « j’adore les jets », etc…
Que de bêtises on commet, pour être original ou « dans le coup » !
Liviaaugustae