Le cauchemar...
(image pixabay)
Cette aventure bizarre m'est tombée dessus un soir de décembre...
J'avais une faim de loup et je voulais vite rentrer me mettre au chaud avant d'attraper un gros rhume et puis dormir comme un loir, une de mes amies qui était maligne comme un singe, qui voulait toujours tout savoir et même quand il n'y avait rien à dire, elle arrivait toujours à me tirer les vers du nez, pourtant je ne suis pas une tête de linotte encore moins une poule mouillée, mais je ne pouvais lui résister elle savait y faire et dès qu'elle sentait qu'il y avait anguille sous roche, comme elle aimait à dire, de quelle roche s'agissait-il ce soir, je n'en savais rien, elle ne vous lâchait plus, c'est pour cela du reste qu'elle m'avait raccompagnée ce soir jusque chez moi, il fallait que je lui dise tout ! Tout ? Tout quoi ? Je n'en savais rien.
Nous arrivions devant la porte de mon immeuble et là, nous tombons sur un de mes voisins, un ours mal léché, qui aime en plus crier comme un putois dès que quelque chose ne lui convient pas, il vaut mieux rester loin de lui car – il pue aussi comme le putois – Il me dit tout de go, qu'il y avait du potin et même du grabuge chez moi, en plus d'une musique de barbare, des gens se battaient, d'autres riaient comme des baleines et certains pleuraient comme des veaux, il avait bien faillit devenir chèvre avec tout ce bruit intempestif, il fallait que j'y mette bon ordre car il ne supporterait pas cela longtemps !
Comme j'avais passé la journée chez des amis, je ne comprenais rien à ce qu'il racontait et lui dis que le bruit ne provenait sûrement pas de chez moi, qu'il s'était sans doute trompé, nous nous regardâmes pendant un moment en chien de faïence il me jaugeait pour être sûr que je ne me moquais pas de lui, puis il me dit qu'il ne fallait pas le prendre pour un pigeon de l'année que l'excuse que je donnais ne tenait pas la route , qu'elle ne cassait pas trois pattes à un canard, il n'en démordait pas il y avait des gens chez moi qui faisaient la bringue, en plus c'était de chauds lapins d'après ce qu'il avait pu entendre, il fallait donc que je me méfie, pour ne pas être faite comme un rat.
Puis me tournant le dos il s'en alla en me disant qu'il avait d'autres chats à fouetter...
Debout sur le trottoir comme deux âmes en peine, mon amie et moi, nous hésitions à franchir le seuil, j'étais ravie d'avoir quelqu'un avec moi, car s'il y avait vraiment du monde chez moi sans que je sache qui était là, je n'oserais sûrement pas entrer toute seule. C'était peut-être des squatters que je n'arriverai pas à mettre à la porte. Mais comment diable avaient-ils pu entrer, j'avais pourtant verrouillé la porte à double tours et enclenché l'alarme !
Prenant le taureau par les cornes, nous décidâmes de monter voir ce qu'il se passait réellement chez moi.
Et c'est vrai qu'en arrivant sur le palier devant la porte, nous entendîmes un vacarme épouvantable, une musique tonitruante nous perça les oreilles, et c'était vrai aussi que çà criaient là-dedans comme des putois, et çà riaient comme des baleines et çà pleuraient comme des veaux... en introduisant la clé dans la serrure ma main tremblait, qu'est-ce que j'allais trouver derrière cette porte, allais-je être le dindon de la farce, perdre mon appartement et me retrouver à la rue ? Mais une fois la porte ouverte, nous constatâmes que l'appartement était dans le noir et il n'y avait plus un seul bruit, sauf... que l'alarme que j'avais branchée en partant ce matin, se mit à hurler, nous sursautâmes toutes les deux, je collais mon badge sur le boîtier et le hurlement s'arrêta net, mais la sonnerie du téléphone nous fit sauter une fois de plus, c'était la boite de télésurveillance qui appelait pour savoir ce qui se passait, quand je leur racontais l'histoire, en disant que je me trouvais sur le pas de la porte et n'osais m'aventurer plus loin, ils me conseillèrent d'appeler la police.
Je fis ce que l'on m'avait conseillé, j'appelais le 17, on m'envoya quelqu'un avec qui en tremblant toutes les deux, nous fîmes le tour des pièces, mais rien, tout était bien comme je l'avais laissé ce matin.
J'étais indécise, j'avais pourtant l'impression désagréable de me jeter dans la gueule du loup, quelqu'un me cherchait-il des poux dans la tête, cette tête qui me faisait un mal de chien à force d'essayer de comprendre ce qui m'arrivait. Je me demandais avec angoisse si j'allais rester là pour la nuit, je n'étais pas fraîche comme un gardon, mon amie et moi avions entendu toutes les deux la même chose, il y avait des gens qui faisaient la nouba dans mon appartement et que m'arriverait-il si tout ce cirque recommençait au milieu de la nuit ? La nuit allait être très, très longue.
Mon amie qui était curieuse comme une chouette et qui voulait avoir le fin mot de l'histoire, sentant aussi que j'avais la trouille de rester seule, me proposa de passer la nuit avec moi, ce que j'acceptais avec grand plaisir.
Mais, la nuit fut très calme et je crois bien avoir dormi comme un loir, au matin un petit soleil d'hiver brillait dans un ciel gris-bleu, nous étions un peu rassurées toutes les deux et nous décidâmes de nous préparer un bon petit déjeuner en écoutant de la musique et tandis que l'arôme du café emplissait la pièce en s'enroulant sur les notes de musique, nous étions gaies comme des pinsons,
Je n'ai jamais su ce qui c'était passé exactement, avons-nous cauchemardé toutes les deux ? Mon voisin nous a-t-il vraiment jeté un sort comme l'affirme mon amie ? Ou a-t-il créé ce bruit depuis chez lui pour me faire croire qu'il se passaient de drôles de choses chez moi ? J'en suis restée aux suppositions, car j'ai beau réfléchir, je ne comprends rien à ce qui s'est passé ce soir-là !
C'est vrai que depuis cette nuit-là, à chaque fois que je le rencontre dans l'entrée, j'ai l'impression qu'il me regarde avec un petit sourire en coin un peu moqueur.
J'espère seulement que cela ne reproduira plus !
Livia