Eruption Vésuve, reconstitution en images, clic lien ci-dessous :
https://www.youtube.com/watch?v=dY_3ggKg0Bc
Reconstitution de la mort de Pline l’Ancien 1888.
La mort de Pline l’Ancien…
[…] Commandant de la flotte, il se trouvait à Misène, son port d’attache. Le 23 septembre vers 1 heure de l’après midi, ma mère lui signale qu’elle a vu un nuage d’une taille et d’un aspect inhabituels… Il demande ses chaussures, monte à l’endroit qui convenait le mieux pour observer le phénomène. Un nuage partait de la montagne (à cette distance, il était difficile de distinguer quelle montagne, on sut par la suite que c’était le Vésuve) ; par sa forme et son allure générale, il ressemblait à un arbre et plus précisément à un pin. Le nuage s’élevait à une grande hauteur formant d’abord le tronc puis les branches qui partaient de l’arbre ; je crois qu’il était d’abord propulsé par le souffle, puis retombait quand le souffle était moins puissant ou sous l’effet de son propre poids, s’étalait en se dispersant, tantôt d’une blancheur éblouissante, tantôt d’un gris sale à cause de la terre ou de la cendre en suspension.
Le phénomène était intéressant pour un savant comme mon oncle, et il voulut l’observer de plus près, il met des quadrirèmes à la mer (c’était des navires de guerres plus rapides et plus maniables que les bateaux de transport pouvant embarquer près de 400 personnes plus de 200 rameurs) et s’embarque pour porter secours à Rectina et à beaucoup d’autres gens aussi, car le bord de la mer est très peuplé en raison de son agrément…
La cendre qui tombait sur les bateaux devenait plus chaude et plus épaisse quand on se rapprochait du volcan ; il y avait déjà de la lave, des pierres noircies, à moitié calcinées par le feu. La mer se retira soudain ; des éboulements empêchaient que l’on atteigne la côte…
Pendant ce temps d’immenses flammes sortaient du Vésuve, des gerbes de feu illuminaient le ciel, brillants d’un éclat d’autant plus vif qu’il faisait nuit noire. Pour calmer les craintes, mon oncle répétait que les gens avaient laissé le feu allumé en partant de chez eux et que c’étaient les maisons vides qui brûlaient… Des tremblements de terre répétés et de forte amplitude ébranlaient les maisons qui donnaient l’impression d’aller et venir dans un sens ou dans l’autre comme si elles n’avaient plus de fondations, à l’air libre au contraire on craignait de recevoir des pierres de lave, légères et poreuses. On se rallia pourtant à la deuxième solution après avoir comparé les risques… Ils mettent des coussins sur leur tête, attachés avec des rubans : c’est une façon de se protéger contre les chutes d’objets.
Le jour était levé ailleurs ; pour nous, c’était la nuit la plus noire et la plus épaisse ; pourtant des torches et des lumières dissipaient un peu l’obscurité. Mon oncle voulut aller sur la plage et voir de près s’il était possible de reprendre la mer : elle était toujours démontée et il y avait des vagues. Il se coucha sur un drap à même le sol et demanda à plusieurs reprises de l’eau fraîche et la but. La vue des flammes et l’odeur de souffre qui annonçaient leur arrivée font fuir tout le monde ; il se réveille ; s’appuyant sur deux jeunes esclaves, il se mit debout et retomba aussitôt. J’en conclus qu’il fut asphyxié par l’épaisse fumée ; son larynx, naturellement faible et étroit, se bloquait facilement et il était souvent essoufflé. Quand la lumière revint, deux jours après sa mort, on retrouva son corps intact, sans aucune lésion ; il avait encore les vêtements qu’il portait au départ ; d’après sa position, il donnait l’impression de dormir et non d’avoir cessé de vivre…
Lettre de Pline le Jeune à Tacite.
(Livre 6, lettre 16)