Par Liviaaugustae
Rêverie face à la mer…
L’ETE SE VIT…
L’été est imprévisible. C’est un feu. Il s’attrape au lasso. Les hivers se ressemblent. Ils ont tous quelque chose de gris, de floconneux. L’ETE S’EXHIBE EN TECHNICOLOR. L’existence se vide de ses instants pénibles. Soudain, on veut vivre avec passion. La température se prête à ces élans. Les hommes redécouvrent qu’ils sont faits pour pêcher au harpon, pour cueillir des fruits sur les branches […]
Les femmes se souviennent alors qu’elles sont nées pour plaire, pour lire allongée sur des serviettes orange. […]
Dans le ciel, un éclairagiste malin varie la lumière. La Méditerranée devient une quintessence d’eau salée. Même Paris enfile une tenue différente. La ville se traverse dans une odeur d’herbe coupée de jets d’arrosage. […]
La Seine, brave fille, continue à couler entre des rangées de bouquinistes. L’été ne se raconte pas, il se vit. Il joue à durer trois mois. Il s’agit d’un leurre. Les souvenirs qu’on en garde prennent bien plus longtemps à s’effacer. Les étés se composent d’aiguilles de pin qu’on foule à l’aube, de cartes postales griffonnées dans des halls d’aéroport, de cabriolets qui s’arrêtent pour prendre des auto-stoppeurs, de regrets éternels et de promesses non tenues.
Avez-vous déjà regardé des traces de pieds mouillés en train de disparaître sur la pierre chaude ? L’été est ainsi. Il a à peine commencé, la rentrée est là.
A propos, où ai-je rangé mon maillot de bain ?
Eric NEUHOFF
Extrait de : Madame Figaro
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