2 avril 2021
Vendredi Saint et mort de Jésus.
Pour commémorer ce triste jour, je vous offre la magnifique mise au tombeau du Christ en l'église Saint-Etienne de Saint-Mihiel, ciselée par un de nos grands sculpteurs.
Livia
La mise au tombeau de Saint-Mihiel a une longue et triste histoire, mais aujourd'hui, restaurée, elle a retrouvé sa place dans l'église où elle avait vu le jour.
La mise au tombeau de l'église Saint-Mihiel
Le Sépulcre de Saint-Mihiel ou Mise au tombeau de Ligier Richier est un groupe sculpté du XVIe siècle conservé à l'église Saint-Etienne de Saint-Mihiel. C'est une œuvre majeure du sculpteur lorrain Ligier Richier remarquée depuis sa création à nos jours pour l'expression des traits, la noblesse des poses, la perfection de l'exécution et le fini des détails des treize personnages grandeur nature. Le sépulcre apparaît sur la première liste des monuments historiques de 1840 établie par Prosper Mérimée et est classé aux monuments historiques en 1907 ainsi que l'église.
L'œuvre représente la mise au tombeau du Christ. Treize personnages sont représentés légèrement plus grands que nature.
L'ensemble a été réalisé dans trois blocs de pierre de Saint-Mihiel, si bien agencés que jusqu'au XIXe siècle les lorrains l'ont cru sculpté dans un seul bloc.
Au centre et au premier plan, le Christ porté par Joseph d'Arimathie (à la tête) et Nicodème (à ses pieds), tous deux avec des habits de style Grand prêtre d'Israël et le visage tourné vers la figure du Sauveur. Aux pieds du Christ, Marie Madeleine, baisant les pieds du Christ, lui confère ses adieux. Elle est ornée de bouffants, de crevés qui montrent une mode Renaissance, elle a aussi une ceinture avec des chaînons ciselés. Juste derrière, Marie, en pâmoison, est soutenue par Jen et Marie Cléophée, elles sont habillées à la mode de l'époque de Ligier Richier par les coiffures et ses vêtements. Marie est ici la figure de la Mater Dolorosa. Un ange tient la croix et les instruments de la Passion du Christ.
Complètement à gauche, Marie Salomé prépare un linceul qu'elle dispose dans le tombeau ; ce sont les objets qui étaient à l'origine destinés à Joseph d'Arimathie.
À l'arrière-plan, à droite, deux comparses jouent aux dés la tunique du Christ sous le regard d'un centurion. Ici, tout est en opposition avec l'atmosphère de la scène présentée, ils sont habillés en Romains, jouent, ont une physionomie grossière, des rictus aux lèvres. Leur chef plus pensif tenait une lance aujourd'hui disparue. Tandis qu'une femme, en avant-plan, (Véronique ou Jeanne la Myrophore selon les sources) présente la couronne d'épines sur un linge, elle l'observe avec révérence et est en habit plus simple que son pendant Marie Madeleine.
Il s'agit de la dernière œuvre du sculpteur avant son départ pour Genève.
Pendant la Révolution française, le groupe de statues avait été caché sous des meules de foin.
Lors de leur réapparition en 1797, l'humidité avait endommagé l'ensemble et surtout les barres de fer qui soutenaient le Christ, ce fut M. Mangeot, artiste sammiellois, qui en 1810 fit une première restauration.
Le Sépulcre étant classé en 1839 comme objet d'art, le Christ étant brisé, l'État finança une réfection par Joseph-Silvestre Brun qui remplaça alors les barres par de la pierre qu'il dissimula en un linge tombant des reins du Christ. En 1865, une polémique enfla, les uns voulant remanier les positions des personnages, mais le conseil de la fabrique s'y opposa.
En 1914, un obus frappa l'église et plusieurs éclats endommagèrent des statues, il fut décidé de protéger le tout sous des sacs de terre au lieu de porter le tout à Metz.
Le sépulcre fut démonté par les Allemands et exposé à Metz pendant la Première Guerre mondiale.
Tout est accompli ! Jésus est mis au tombeau pour trois jours..
La Vierge est sur le point de défaillir.
Madeleine pleure au pieds du Christ
Marie Salomée dépose le linceul
L'ange porte la croix
Sainte Véronique porte la couronne d'épines
Tandis que les centurions romains quand à eux, jouent aux dés la tunique du Christ