Par Liviaaugustae
Vendredi 29 mars 2024
Aujourd'hui, c'est le Vendredi Saint.
C'est toujours le petit âne de Jérusalem qui va nous conter ce qui s'est passé en cet effroyable jour, ce dernier jour que vécu Jésus cloué sur cette croix infâme, même pour un petit âne cela fut abominable !
Couronne d'épines et clous...Instruments de torture de la Passion !
[…] Alors je restai là, pantelant, incapable de détacher mon regard de la scène atroce à laquelle j'assistai malgré moi. Avec horreur, je commençai à comprendre à quel supplice infâme mon Rabbi était destiné. J'étais dépassé par une réalité que je ne maîtrisais pas et mon cerveau tournait à vide, acculé dans une impasse. Je découvrais ahuri, que seuls les humains savent user envers leurs semblables d'une telle brutalité. Dans quel recoin obscur de leur esprit était née cette idée d'attacher une personne à deux poutres disposées en croix pour la condamner à mourir d'asphyxie dans d'intolérables tourments ?...
Midi était passé, quand sous les clameurs, on dressa la croix. Il n'y avait pas un souffle d'air et, pourtant, d'énormes nuages boursouflés d'orage vinrent noircir le ciel, ne laissant sourdre du soleil qu'une indéfinissable lumière rougeâtre...
Tout est consommé...
(image internet)
Puis j'entendis un cri qui résonna puissamment et qui me fit l'effet de transpercer le monde avant de se perdre dans le ciel.
J'étais glacé d'effroi.
La tête du Rabbi roula sur sa poitrine. C'était fini. Il était mort.
Autour de moi tout se figea.
L'instant d'après ce fut le chaos.
Plongée soudain dans les ténèbres, la terre se mit à danser violemment.
Le vent se déchaîna en tornade, la foudre s'abattit avec force.
Et le grondement du tonnerre se confondit avec le fracas des édifices qui s'écroulaient.
Au milieu de la foule qui hurlait en se sauvant à toutes jambes, je tombais au sol. Je fermais les yeux et attendis la fin du monde.
(Extraits de « Moi l'âne de Jérusalem » d'Elisabeth de Lambilly)
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