J’ai lu sur le site de Radio Classique, comment les faux compositeurs contemporains ont phagocité les œuvres des grands de la musique classique, cette dernière a été pastichée par beaucoup de ces soi-disant compositeurs... !
Et ces gens-là ont sûrement gagné plus d'argent en copiant, que ceux qui ont réellement composé ces mélodies et, qui aujourd'hui ne peuvent se plaindre et porter l'affaire devant les tribunaux pour « plagiats ».
Livia
(image pixabay)
Because est une chanson des Beatles parue sur l’album Abbey Road en septembre 1969 en Grande-Bretagne. Dans ce morceau, les Beatles font usage d’un clavecin électrique. La mélodie jouée par l’instrument baroque nous rappelle étrangement un air connu. En effet, la naissance de la chanson voit le jour grâce à Yoko Ono qui s’amusait à jouer au piano la fameuse Sonate Clair de lune de Beethoven. John Lennon lui aurait demandé de rejouer cette mélodie mais cette fois-ci à l’envers et c’est ainsi que naquit la mélodie de la chanson.
Sorti en 2007 sur l’album Life in Cartoon Motion, Grace Kelly est un des premiers hits pop ayant contribué à la notoriété de Mika. Le chanteur revendique lui-même avoir puisé son inspiration dans le répertoire de l’opéra pour la composition de son titre. Pour cela il s’est grandement inspiré de la partition de l’opéra du Barbier de Séville de Rossini. L’air de Figaro issu du Largo al factotum présente en effet bien des similitudes avec celui de Grace Kelly : reprises d’accords communs, et répétitions des mêmes rythmes et du tempo rapide. Mika a réussi à moderniser avec brio un des airs les plus connus de l’opéra italien puisqu’il est tout de même difficile, au premier abord, de déceler des similitudes entre les deux morceaux.
On pourrait presque ici qualifier ce tube, datant de 1976, de remix. En pleine effervescence du disco, Donna Summer reprend comme mélodie de son hit, celle du Prélude N° 20 en do mineur, Opus 28 de Frédéric Chopin. Pourquoi parler ici de remix ? Tout simplement parce que la mélodie reste exactement la même que celle du compositeur romantique. C’est l’ajout d’ornements musicaux propres à la musique disco qui vient moderniser ce prélude. Destiné à être dansé, le disco se démarque par son orchestration riche, un rythme effréné, ainsi que l’ajout de paroles qui doivent surtout donner l’envie de « groover ». Donna Summer aura réussi à transformer une œuvre classique à l’image plutôt sombre – puisque jouée en mineur- en un véritable tube pour faire la fête.
Procol Harum est un groupe anglais qui connaît un réel succès avec sa chanson A Whiter Shade of Pale sortie en 1967. Inconnu avant la parution de ce single, le groupe atteint la première place du hit-parade dans de nombreux pays et devient un slow mémorable que vous peut-être déjà dansé. En fait, Procol Harum a basé son titre A Whiter Shade of Pale sur l’esthétique musicale de Jean-Sébastien Bach. On peut y reconnaître l’air de la Suite pour orchestre n°3 en ré majeur du compositeur baroque. Si ces mélodies se ressemblent, les notes utilisées pour la mélodie pop ne sont pas dans le même ordre que celles de la mélodie baroque. En effet, la grille harmonique reste la même mais la mélodie elle, est différente et c’est là qu’est toute la subtilité de la comparaison entre ces deux titres. L’utilisation de l’orgue dans ce morceau est également un clin d’œil à l’instrument fétiche de Jean-Sébastien Bach. Un esthétisme baroque inspirateur pour le groupe anglais donc et qui s’apparente davantage à un hommage plus qu’à une copie.
Pachelbel est sans doute le compositeur classique à qui la musique populaire a le plus emprunté. Il n’est même plus nécessaire de présenter son fameux Canon que l’on a tous fredonné et entendu, sans même parfois le savoir, à la radio ou dans nos écouteurs. Il n’est pas évident encore une fois de déceler les similitudes musicales. Mais si l’on écoute avec plus d’attention ce morceau baroque on s’aperçoit qu’il a la faculté de se prêter à tous les styles musicaux : des Pet Shop Boys avec Go West, à Maroon 5 avec Memories ou encore Michel Polnareff avec son Tout tout pour ma chérie … Même Michel Sardou s’est inspiré de sa ligne harmonique pour construire la mélodie de son tube La Maladie d’amour. Le Canon de Pachelbel pourrait même être considéré comme un tube à part entière de l’époque baroque tant cette musique a été reprise maintes et maintes fois pour alimenter d’innombrables musiques actuelles et de variétés.
Pour clôturer cette playlist de hits il nous semblait essentiel de mentionner Eric Carmen et son disque d’or All by Myself . Ici il ne s’agit plus vraiment d’inspiration de la musique classique mais bel et bien d’un plagiat. Si les œuvres musicales tombent dans le domaine public au bout de 70 ans après la mort du compositeur, Eric Carmen n’aura pas attendu ce délai en sortant son hit en 1975. En effet, le couplet de sa chanson est exactement – à la note près – le même thème musical que le Concerto n°2 pour piano de Sergeï Racmaninov décédé en 1943. Le chanteur n’aura attendu que 32 ans pour utiliser cet air et a donc été condamné pour plagiat. Cela ne l’a pas empêché de faire de cette chanson un tube interplanétaire repris quelques années plus tard par Céline Dion.
Nous avons les compositeurs que nous méritons !