Depuis l'été dernier, il y a une controverse sur une certaine mode, et de nombreuses personnalités ont conseillé la de boycoter...
Pourquoi ?
Les « créateurs » de la haute couture, veulent nous « voiler » et nous envelopper de la tête aux pieds !
On peut comprendre la réaction des femmes occidentales, qui s'habillent de nos jours d'un rien ou d'un mouchoir de poche !
Cependant, je ne suis pas non plus adepte du déshabillage (comme on peut le voir sur les marches de Cannes), mais entre les sacs informes, et le à peu près nu, il y a une juste mesure.
Une journaliste que j'apprécie, a fait un beau papier sur le sujet, que je vous livre ci-dessous.
Liviaaugustae
Il faut donc choisir entre ceci...
Allégorie de l'Aube
William Bouguereau
Et cela...
Boreas (1903)
John William Waterhouse
C'est à n'y plus rien comprendre. Jusqu'à maintenant, le rôle de la haute couture semblait assez simple. Nous présenter, par magazines féminins interposés, des mannequins faméliques arborant des tenues incroyables que personne ne peut porter : les jeunes parce qu'elles n'ont pas les moyens, et les autres parce qu'elles auraient l'air de quoi, et que de toutes façons aucune ne rentre dedans. Pas si grave : cela faisait rêver, et c'est pour cela que l'on aimait.
Patatras ! Le monde de la mode serait-il en train de changer et se mêlerait-il de morale ?
Et la mode « pudique » arrive sur les podiums. Celle qui planque les bras et les jambes et tout le reste...
Evidemment, la morale n'a rien à voir avec cette laborieuse créativité de commande, les nouveaux créateurs ayant les yeux plus près de leur portefeuille que du Coran ou de l'écriture sainte.
La pudeur ne leur est pas tombé dessus comme l'eau pur sur la blanche colombe. Ce qui compte, c'est de ne pas rater l'argent du pétrole du Golfe.
Il n'y a pas que la haute couture : les sites vendant la « modest mode » pullulent sur internet, et se revendique musulmans, juifs ou chrétiens. Cela change de toutes ces photos où l'on voit vraiment bien le mannequin, mais où l'on se demande, : » Mais où est donc passé la chemise ? » Mais reconnaissons que l'uniformité des formes et des modèles respirent un peu l'ennui, la petite jeune étant quasi vouée à être habillée comme sa grand-mère, longueur réglementaire oblige.
Fabriquer une « mode pudique », c'est oublier que les règles de la pudeur ne sont pas écrites sur le centimètre de la couturière, ou sur la ligne fatidique séparant le dessus du genou du dessous du genou. Faute de quoi la robe couvrante, mais « bling bling » à souhait, manquera singulièrement à la pudeur, celle qui veut que l'on prenne en compte le regard des autres.
Car la pudeur ne consiste pas à déterminé plus ou moins arbitrairement ce qu'il convient de cacher ou non, mais en avoir une conscience aiguë de ce qui, en nous, relève de l'intime.
Regarder, c'est toujours entrer et possiblement juger. Se soumettre au regard, c'est se soumettre au jugement de valeur. Ne pas montrer, quitte à enfreindre la mode, c'est alors manifester le prix que l'on accorde à ce que l'on garde pour soi. La pudeur suppose donc une éducation de regard : le nôtre, et celui de l'autre. Est-il besoin d'une mode pudique ? Non, car la pudeur n'habite pas dans la longueur d'un col ou d'une manche. Elle habite le cœur et guide alors les choix de façon décente, libre et sûre.[...]
Jeanne Larghero