[...] Et soudain, plus un bruit. S’étend alors devant vous la zone peut-être la plus spectaculaire du Champs de Mars : celle qui accueille le grand projet visant à glorifier Auguste.
Dans ce secteur se trouve une vaste plaine, formée par une ample anse du Tibre. Un lieu dépouillé, exposée aux crues du fleuve, où traditionnellement se tiennent les exercices militaires et les cérémonies. Si, dans le quartier que nous venons de quitter, Agrippa avait acquis une surface considérable pour y établir la plupart des palais, des thermes et des théâtres que nous avons pu découvrir, il a ici repoussé encore un peu plus ses limites. Son projet ? Edifier une véritable apothéose en l’honneur d’Auguste.
Trois bâtiments sont juxtaposer, presque sur la même ligne. Le premier est la magnifique Arapacis (Arapacis a augustae), parvenue jusqu’à nous : on y célèbre la paix et la prospérité qu’Auguste a offerte au monde, au travers de ses victoires (et des massacres qu’elles ont occasionnés). Réalisée en fusionnant différents styles artistiques, l’Arapacis est un splendide exemple d’art augustéen. Elle consiste en une enceinte carrée en marbre avec, au centre, un grand autel à destination des rites sacrés. De toutes parts, sur ses murs extérieurs, on aperçoit des feuilles d’acanthe, une plante qui décorait les chapiteaux corinthiens et qu est devenu le symbole de l’art officiel augustéen. Mais surtout, imaginez l’Arapacis coloré et peinte, un spectacle extraordinaire.
La Pax romana s’exprime partout où s’étendent la culture et la domination de Rome. Il est ainsi fait allusion à Enée, le héros troyen, venu s’établir dans le Latium au terme de son long périple initié à Troie, mais également aux Lupercales, la grotte,où, selon la légende, la Louve aurait allaité Romulus et Rémus. La famille régnante apparaît au complet, en procession. De la propagande sans ambiguïté…
A côté de l’Arapacis se trouve l’horloge d’Auguste (horologium a augusti), l’une des constructions les plus insolites de l’Antiquité : un gigantesque cadran solaire de la taille d’une place, sur lequel le rôle du gnomon servant à projeter l’ombre est tenu par un obélisque égyptien, rien que çà !…
L’horloge était si précise paraît-il, qu’elle projetait son ombre sur l’Arapacis à la date exacte de la naissance d’Auguste (le 23 septembre). On aperçoit même nettement une inscription en grec faisant référence aux vents étésiens, qui cessaient de souffler quand l’ombre de l’obélisque atteignait cette période de l’année […]
(extraits du livre d’Alberto Angela : Le dernier jour de Rome 1er tome de la trilogie de Néron.)
L'Ara Pacis (autel de la paix) a été consacré en l'an 9 av. J.C., en l'honneur de l'empereur Auguste qui avait restauré la paix dans l'empire, suite à l'assassinat de Jules César, mais aussi achevé les conquêtes de la Gaule et de l'Espagne.
Le monument en lui-même, construit sur ordre du Sénat, est une enceinte rectangulaire en marbre blanc, ornée de bas-reliefs, et percée de deux portes qui permettent l'accès à l'autel sacrificiel est lui aussi très sobre avec quelques bas-reliefs.
Sur les parois extérieures les plus longues, est figurée la procession fêtant le retour de l'empereur victorieux suivi de prêtres et de sa famille.
Les petits côtés sont ornés de scènes mythologiques.
Les bas-reliefs intérieurs sont quant à eux plus simples, imitant une palissade surmontée de guirlandes.
Bien qu’il a perdu ses couleurs, je trouve cet Arapacis magnifique si vous allez à Rome ne manquez pas d'aller le voir c'est tout simplement grandiose !
Livia