Par Liviaaugustae
L’Ange tâte-miel…
L’Ange tâte-miel, de Josef Anton Feichtmayr (1696-1770).
La statue de cet ange, grandeur nature orne l’autel de Saint Bernard en l’église de Birnau au bord du Lac de Constance.
Saint Bernard était surnommé : Doctor Mellifluus (Le docteur doux comme le miel) ; Chacun des Docteurs de l’église à un surnom en latin, celui de saint Bernard évoque son éloquence mystique.
Cet ange est si célèbre en Allemagne du sud, qu’il est souvent reproduit.
Il attire le regard par sa posture naïve et charmante, ces formes potelées de bébé, ces cheveux en bataille, telle un bambin turbulent, son innocente malice de petit gourmand.
Il est là pour faire réfléchir à la douceur d’écouter la parole de Dieu et de faire sa volonté, et aussi à la joie du chrétien recevant la bonne nouvelle de l’évangile et de la Rédemption.
Le thème du miel se trouve à plusieurs reprises dans l’écriture Sainte. Au chapitre dix de l’Apocalypse, un ange fait manger un livre à Saint Jean, qui dans sa bouche avait la douceur du miel.
Et le Psaume cent dix huit, répète inlassablement : « Dans tes volontés je trouve mes délices, ta loi fait mes délices, que vive mon âme à te louer, comme est douce à mon palais ta promesse, plus que le miel à ma bouche… ».
L’ange de Birnau semble nous dire : « goûtez et voyez comme est bon le Seigneur. »
L’art baroque aime l’enfance et la gaité, surtout en Bavière et en Souabe. Il veut être un écho du Paradis Terrestre et une anticipation de la joie éternelle au Paradis. C’est un art qui vise à évangéliser, en une prédication et une catéchèse par l’art, et un art de jubilation où tous les sens participent à la louange. Architecture, peinture, et sculpture, y sont inséparables, de même que notre ange, un pied sur le mur où vont se poser les abeilles, est indissociable de son autel.
L’ange suce avec délice son doigt enduit du miel de la Parole Divine.
La ruche tenue par l’ange, d’où s’échappent des abeilles…
Marie-Gabrielle LEBLANC
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