Le
Puits…
Geneviève
Bayle a récemment coulé dans le bronze « Le Puits », une petite sculpture de 30cm de haut.
Née
en 1960, cette artiste sculpte la terre et le bronze dans son atelier de Chartres, après plusieurs années consacrées à la peinture. Nourrissant son art de la méditation de l’Ecriture sainte,
elle expose régulièrement dans les églises et les abbayes.
Tout
est parti du puits, explique l’artiste.
Une
fois modelée dans la terre, elle a, sans idée préconçue, immédiatement pensé au puits de Jacob et à la scène du Christ avec la Samaritaine. A ses yeux, il s’agit d’une des plus belles
rencontres de l’Evangile, qui parle à chacun de nous.
La
Samaritaine est très humaine, avec son nez retroussé et son allure de « pipelette », pas très « bon genre ». C’est une femme qui a « roulé sa bosse » et dont la
vie est peu édifiante : elle ne doit pas avoir froid aux yeux ! On l’imagine donnant la répartie aux commères de son village.
Elle
a certainement la langue bien pendue…
Mais
elle est complètement concentrée sur ce que lui dit Jésus : elle a suspendu son mouvement tellement elle est saisie par Lui ! Nous assistons à l’instant d’une conversion, où tout
bascule dans la vie d’une personne pécheresse.
Le
Christ, au contraire, est d’une noblesse impressionnante, inspiré du Linceul de Turin (le long nez, la bouche grave), même si l’artiste
n’en a pas eu conscience en Le sculptant.
Jésus
dit à la Samaritaine : « Qui boira l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif » (Jean 4, 12).
Par
délicatesse comme pour la femme adultère, il ne la regarde pas : Il se contente de l’aimer, et le spectateur ne peut que L’aimer en retour.
Noble et infiniment bon, le
visage du Christ est à la fois profondément humain et divin, proche et majestueux.