Sainte
Geneviève veillant sur Paris endormi, (1898)
A l’intérieur de la maison, une lampe brûle sur l’autel où Geneviève conserve le Saint Sacrement.
La clarté chaude et douce de la lampe contraste avec la brillance froide de l’astre de la nuit.
Le peintre de la Gaule chrétienne.
Puvis de Chavannes est un des seize peintres qui furent chargés de décorer le Panthéon, redevenu église Sainte-Geneviève sous Napoléon III.
Le décor, des toiles marouflées collées sur les murs, rend hommage à saint Denis, sainte Geneviève, Clovis, Charlemagne, Saint Louis et sainte Jeanna d’Arc.
Puvis réalisa l’enfance de sainte Geneviève, - dans des coloris printaniers et une lumière matinale - pour l’église rendue au culte dans les années 1870, et l’ensemble de Lutèce assiégée – lumière hivernale et nocturne -, dans les années 1890, alors que l’église était redevenue Panthéon laïque.
Notre peinture est fâcheusement à demi-cachée par l’énorme monument à la convention nationale de Sicard, dressé dans le chœur à la place de l’autel quand en 1885, l’église fut une troisième fois désaffectée au culte catholique.
Sa composition d’une sobriété géométrique audacieuse, en font la plus aimée des œuvres du Panthéon, et un pur chef-d’œuvre de la peinture française.
Geneviève de Paris
Sainte Geneviève (vers 422-502), bénie à 7 ans par saint Germain d’Auxerre, consacrée à Dieu à 15 ans, sauva deux fois Paris assiégé, telle Judith. Elle est la patronne de notre capitale.
La prière sur la ville
C’est la nuit de la pleine lune. Lutèce dort. Le disque d’argent brille et innonde la ville de sa clarté laiteuse. Au pied de la maison s’étend l’Ile de la Cité, ces maisons gallo-romaines aux toits de tuiles.
Au-delà d’une tour carrée, le ruban d’argent de la Seine étincelle sous le reflet de la lune comme la lame d’une épée.
De l’autre côté du fleuve s’étend une rive dont rien n’indique s’il s’agit de la gauche ou de la droite. Elle est recouverte d’une forêt d’où émergent les toitures de trois villas romaines.
Geneviève veille. Elle interrompt sa prière et sort à pas lents sur la terrasse d’où elle voit toute la cité.
Vierge consacrée, elle vit chez sa marraine sur le mont Leucotetius, qui portera plus tard son nom : Montagne Sainte-Geneviève.
Devant le mur blanc, un pot où poussent des pieds d’ancolies aux fleurs violettes (symbole du Saint-Esprit et de la passion) reste dans les mêmes teintes bleutées.
Marie-Gabrielle LEBLANC
Extrait de : Famille Chrétienne