L’Assomption de la Vierge est
une mise en scène monumentale (1723) réalisée par Egrid Quirin Asam (1692-1750), en l’église de l’abbaye bénédictine et paroisse de Rohr, en Basse-Bavière.
Le
tombeau de Marie est ouvert (la tradition occidentale préfère parler de mort et résurrection de la Vierge plutôt que de dormition)
Les
Apôtres s’appellent avec de grands gestes. Emportée par deux anges, Marie monte au Ciel avec des gestes gracieux et une expression de divine surprise sur son visage. Tout en haut, à l’intérieur
d’une immense couronne d’or le Père et le Fils l’attendent pour la couronner, et la colombe du Saint-Esprit descend vers elle parmi les rayons de lumière dorée et les nuages.
L’ensemble
est représentatif du « Théâtrum sacrum », mise en scène de vérités de la foi qui n’a rien d’artificiel et encore moins de païen, mais qui correspond au Concile de Trente et à la
liturgie de saint PieV. Caractéristique de la spiritualité baroque, cette esthétique est aussi chrétienne que celle d’une église romane ou gothique.
L’église
de Rohr est relativement sobre pour le style baroque, le regard est guidé vers l’Assomption derrière et au-dessus du maître-autel. L’ensemble est sculpté en stuc (poudre de marbre moulée avec
de l’eau, le marbre étant cher en Allemagne). La légèreté du matériau permet cet extraordinaire groupe de la Vierge et des anges qui, très en avant de la fausse tenture du fond, semble flotter
en l’air, et dont il est impossible, quel que soit l’endroit où se trouve le spectateur, de détecter comment il est attaché au mur.
Rohr
est au sud de Ratisbonne, près du Danube dont le cours est jalonné de somptueuses abbayes baroques.
L’église
fut construite pour un couvent de chanoines réguliers de Saint-Augustin, sécularisée et devenue église paroissiale en 1803, puis abbaye bénédictine en 1947, recueillant les moines exilés de
Braunau en Bohême de l’Est.
L’importance
du monastère (qui est également un lycée tenu par les moines) contraste avec la petitesse du village. L’église elle-même est ordinaire à l’extérieur, et la surprise est totale quand on découvre
la splendeur cachée à l’intérieur.