FRESQUE
DES DOMINICAINS
(Florence,
XIVe siècle)
Entièrement
décorée par des grands artistes, Santa Maria Novella est une des églises les plus visitées de Florence. Cette paroisse est desservie par les Dominicains depuis sa fondation au XIIIe
siècle.
Notre
fresque, L’Eglise et l’ordre dominicain, aussi appelée L’Eglise militante et triomphante, est l’une de celles ornant l’ancienne salle capitulaire du couvent. On y accède par le cloître vert
situé à gauche de l’église. Son décor fut achevé en 1367 par Andrea di Bonaiuto, surnommé Andrea da Firenze ? On appelle aussi cette salle le chapelle des Espagnols, car elle fut attribuée
en 1540 par le duc de Toscane à son épouse castillane Eléonore de Tolède, pour abriter les offices religieux en espagnol de sa suite.
Cet
ensemble est un des monuments picturaux les plus grandioses de l’art gothique toscan, l’illustration la plus complète de la doctrine sociale de saint Thomas d’Aquin et des théologiens
dominicains. Le programme iconographique est inspiré par le Miroir de la véritable pénitence, ouvrage du Frère Jacopo Passavanti, prieur du couvent.
En
haut, le Christ en majesté juge les vivants et les morts, entouré d’anges. En dessous, les âmes, couronnées de fleurs par deux anges et surveillées par saint Pierre, passent la magnifique porte
du paradis, en marbre rose.
La
cathédrale de Florence, à gauche, symbolise l’Eglise.
Elle
était en construction au moment de notre fresque, et sa coupole n’existait pas encore.
Devant
l’édifice, au premier plan à gauche, l’archevêque de Florence admoneste des bénédictins et des franciscains, dont le théologien anglais Guillaume d’Ockham, aux thèses controversées. Ils se
trouvent au pied d’une estrade où siègent le pape Innocent VI, un cardinal et l’empereur d’Allemagne Charles IV, qui représentent le monde chrétien médiéval.
Détail
amusant : les chiens noirs et blancs au premier plan sont une allégorie des Dominicains, en référence à la couleur de leur habit et au jeu de mots en latin sur domini-cani (« les
dominicains ») et Domini canes (« les chiens du Seigneur »). Ils surveillent les brebis, symbole classique du peuple chrétien que l’on doit à Jésus lui-même dans
l’Evangile.