La Madeleine à la
veilleuse : de Georges de La Tour (1593-1652).
(Musée
du Louvre)
Ce
tableau est un exemple du dépouillement auquel accède le grand peintre Georges de La Tour, vers 1630, quand il abandonne les sujets diurnes pour les « nuits ».
Marie-Madeleine
médite dans son ermitage de la Sainte-Baume. Le silence au cœur de la nuit, rendu perceptible par le génie du peintre, montre sa veille spirituelle. On chantait au XVIIe siècle un cantique de
Corneille, paraphrase du livre de Samuel : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. /Je dis ton serviteur, car enfin, je le suis, /Je le suis, je veux l’être, et marcher dans ta
route, /Et les jours, et les nuits. »
Par
rapport aux deux autres célèbres Madeleine de La Tour (conservées à New-York et à Washington), avec bijoux et miroir, la nôtre est à l’aboutissement de sa conversion : elle ne possède plus
rien sinon la corde, les livres de spiritualité, la Croix sans Christ comme dans la cellule des Carmélites. La lampe à huile symbolise l’amour qui l’unit au Seigneur. Cette flamme dans la nuit
représente moins l’espérance au cœur de l’épreuve, comme d’autres œuvres de La Tour, que le Christ, Lumière née de la Lumière. Le crâne, qui ne semble pas l’effrayer, n’est pas macabre ;
il signifie que la mort nous réunira à Dieu.
Marie-Madeleine
était au XVIIe siècle le symbole de la conversion et de la miséricorde divine. On aimait la prier et tous les peintres de l’époque l’ont représentée. Ce tableau est à rapprocher des autres
nocturnes les plus célèbres de La Tour comme Le Nouveau-Né, Saint Joseph charpentier ou Saint Joseph et l’ange.
Marie-Gabrielle
LEBLANC
Extrait
de : Famille Chrétienne.