La cathédrale Saint-Julien avec vue sur la forêt de contreforts.
D’où vient ce rituel qui invite les voyageurs à s’arrêter devant la cathédrale du Mans pour planter leurs doigts dans un trou à la surface du menhir de grès rose, haut de 4,55 m, dressé dans un angle de la nef ?
L’affaire singulièrement païenne, a sans doute commencé bien avant que Saint Julien, premier évêque de la ville, n’évangélise la cité gallo-romaine qui deviendra le Mans. Sur l’identité de ce clerc, patron des jongleurs, et des ménétriers, les avis divergent. Les uns l’apparente à Simon le Lépreux, guérit par le Christ et désigné par Saint Pierre en personne pour convertir les Manceaux. D’autres le disent chargé d’évangéliser les païens, par le Pape Clément Ier (89-97), aux débuts de la chrétienté. En tout cas, une fois en place, il aurait multiplié les miracles, faisant jaillir l’eau des fontaines asséchées et rendant la vue aux aveugles. Ses reliques, pieusement conservées, sont transférées au IXe siècle dans une église surplombant le cours de la Sarthe. Les traditions s’imbriquant, Saint Julien côtoie le menhir druidique.
C’est sur cet emplacement que l’évêque Vulgrin décide en 1056, d’ériger une cathédrale. Ses successeurs, notamment l’évêque Hoël, en feront un magnifique édifice roman. Mais les temps changent, il faut moderniser la cathédrale.
En 1217, le roi Philippe Auguste autorise le chapitre à franchir les murs, de la cité pour agrandir le chœur de Saint-Julien. Ce sera un succès gothique, une forêt de contreforts épaulant l’abside avec, à l’intérieur, un chœur de 34 m sous voûte, un double déambulatoire et treize chapelles rayonnantes.