Jeudi 18 mai 2023
Jeudi de l'Ascension
Ascension
Fresque de Giotto
Cette fresque de Giotto illustrant l'Ascension peut-être admirée dans la nef de la chapelle des Scrovegni à Padoue en Vénétie. Par cette œuvre réalisée en 1305, le peintre nous emmène au tout début des Actes des apôtres, dans ce passage mentionnant les anges : « Deux hommes en vêtements blancs » qui apparaissent quand Jésus a disparu derrière une nuée. Ces même anges qui disent aux apôtres : « Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? Celui qui vous a été enlevé, se même Jésus, viendra de la même manière dont vous l'avez vu partir vers le ciel.»
L'Ascension est mentionné deux fois dans le Nouveau Testament, brièvement au chapitre 24, tout à la fin de l'évangile de Luc, et, avec plus de détails, au début des Actes au chapitre 1. Ni l'un ni l'autre de ces textes ne mentionnent Marie. Elle est cependant représentée au milieu des apôtres par tous les peintres de l'Ascension, catholiques et orthodoxes.
Dans cette fresque, le Christ ne monte pas au ciel de face, comme chez la majorité des peintres occidentaux. Le choix de Giotto est rare à une époque aussi tardive (XIVe siècle) : Jésus est de profil, comme s'il montait un escalier, porté par un nuage, les bras levés vers son Père invisible pour nous. Il est accompagné et acclamé dans son mouvement ascensionnel par une trentaine d'anges, de patriarches et prophètes de l'Ancien Testament.
Cet iconographie provient de l'art hellénistique des premiers siècles. La manière que nous considérons comme la plus classique de représenter l'Ascension, dans la peinture occidentale, avec le Christ s'élevant face aux spectateurs, vient du proche Orient, de Syrie exactement, où apparu un des premiers arts chrétiens, au IIIe siècle (le célèbre évangéliaire de Rabula du VIe siècle).
Le Christ est entouré d'une forme oblongue dorée, la mandorle, fréquente dans l'art roman et gothique. Le mot vient du latin mandorla, amande, et désigne une apparition divine qui demande la foi, de même que, dans l'amande, le fruit est à l'intérieur, caché derrière une coquille de piètre apparence. Le Vierge Marie, un peu âgée, en bleu au centre à gauche, occupe une place de choix, agenouillées devant Jean, en rose et bleu. Elle regarde intensément son Fils une dernière fois avant qu'il ne disparaisse. Pierre et, probablement, son frère André, se tiennent au premier rang à droite. Les apôtres ne sont que onze, Mathias n'ayant pas encore été choisi pour remplacer Judas. Cet événement, dans le Livre des Actes des Apôtres, prend place en effet entre l'Ascension et la Pentecôte, au chapitre 1.
Deux anges, en dalmatiques de diacres, apparaissent au milieu des apôtres et montrent le ciel où Jésus est remonté.
Marie-Gabrielle Leblanc