Une de mes dernières lectures « Cinq méditations sur la Beauté » de François Cheng.
J'ai lu ce livre d'une traite presque avec voracité.
En gros voilà ce que nous dit François Cheng tout au long des pages de ce petit livre, il nous affirme que la beauté existe tout autour de nous, mais que nous ne savons pas toujours, ni regarder, ni écouter.
Livia
« Heureux celui qui plane sur la vie, et comprend sans effort le langage des fleurs et des choses muettes. »
Charles Beaudelaire
Cinq méditations sur la beauté
L'auteur livre ses réflexions sur la beauté et les questions existentielles ainsi que ses considérations littéraires, esthétiques, poétiques, philosophiques et spirituelles. L'occasion de faire revisiter les moments phares de la culture de l'Orient et de l'Occident.
Poète, philosophe, calligraphe, académicien… François Cheng a de nombreuses cordes à son arc. On pourrait ajouter celle de « passeur ». Passeur d’âme, de beauté et de connaissance, François Cheng est mondialement connu pour son œuvre poétique et philosophique.
«La beauté n’est pas un simple ornement. La beauté c’est un signe par lequel la création nous signifie que la vie a du sens », a ainsi expliqué François Cheng à l’animateur François Bunsel qui l’interrogeait sur la beauté. « Avec la présence de la beauté, tout d’un coup, on a compris que l’univers vivant n’est pas une énorme entité neutre et indifférenciée mais qu’il est mû par une intentionnalité ».
Sur le Christ, l’écrivain assure : « En montant sur la Croix, «Le Christ a affronté le mal radical au nom de l’amour absolu. Un acte qui tient les deux bouts. L’absolu de son amour ne peut être prouvé que par cet affrontement au mal absolu ». Un amour absolu dont chacun peut trouver des fragments dans son quotidien. « Par-delà les paroles, un regard, un sourire suffisent pour que chacun s’ouvre au mystère de l’autre, au mystère tout autre », précise encore François Cheng.
Quelque extraits :
«En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou économiques, parler de la beauté pourra paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu'à l'opposé du mal, la beauté se situe bien à l'autre bout d'une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons une tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les extrémités de l'univers des vivants : d'un côté le mal ; de l'autre, la beauté. »
«...Disons qu'elle est due à sa situation exceptionnelle évoquée tout à l'heure, qui offre des perspectives toujours renouvelées et des jeux de lumière infinis. Elle est due aussi à la présence de brumes et de nuages qui voilent et dévoilent tour à tour le visage de la montagne, de rochers fantastiques mêlés à une vagétation dense et variée, à des chutes et des cascades qui font entendre, à longueur de jours et de saisons, une musique ininterrompue. Les nuits d'été qu'enfièvrent les lucioles, entre le fleuve et la Voie lactée, la montagne exhale ses senteurs venues de toutes les essences ; énivrées, les bêtes éveillées se donnent à la clarté lunaire, les serpents déroulent leur satin, les grenouilles étalent leurs perles, les oiseaux, entre deux cris, lancent des flèches de jais... »
«Pour en tenir à la seule Nature, il n'est pas difficile de dégager quelques-uns des éléments qui tissent le sentiment du beau que nous éprouvons tous : La splendeur d'un ciel étoilé dans le bleu de la nuit.
La magnificence de l'aurore ou du couchant partout dans le monde.
A majesté d'un grand fleuve traversant les défilés rocheux et fécondant les plaines fertiles.
Une oasis écloses au milieu de désert.
Un cyprès debout au milieu d'un champ.
L'envol d'un troupeau d'oies sauvage au-dessus d'un lac... »
«L'homme n'est pas cet être extérieur qui bâtit son château de sable sur une plage abandonnée. Il est la part la plus sensible, la plus vitale, de l'univers vivant ; c'est à lui que la nature murmure ses désirs les plus constants, ses secrets les plus enfouis... »