« Ma maison reste pour moi ce qu'elle fut toujours : une relique, un terrier, une citadelle, le musée de ma jeunesse...»
Colette (La Retraite sentimentale)
C'est un petit livre tout plein de couleurs estivales, or du soleil, bleu du ciel et de la mer, mais... surtout plein de personnages attachants débordant d'amour et d'amitié, un roman qui fait du bien sous le ciel grisaillant de l'hiver, dans la maison de famille.
Livia
En lisant les petites annonces, Pierre Saint-Jarme découvre que Ker Joie, la maison de famille vendue dix ans plus tôt, est de nouveau sur le marché. Il se précipite pour la racheter. Trop tard. Alors il la loue, le temps d’un week-end, pour réunir la tribu sur l’île de Groix et organiser l’anniversaire d’Adeline, sa mère. Mais Pierre n’est pas le seul à lire les journaux... Un accident survenu il y a trente-sept ans s’invite à la fête. Tandis qu’Adeline souffle ses quatre-vingts bougies et pioche des moments précieux dans le bocal à émotions, les fracas du passé tracent vers l’île.
Extrait :
« Pas besoin de visa, pas de décalage horaire, pas de grève d'avion ni de surbooking. Le ciel est aux oiseaux, la terre aux groisillons, l'océan aux courageux, la nuit aux amants et aux Korigans. L'amitié ne s'achète pas, elle se donne.. Vous croiserez de belles personnes, des chats mystérieux, des chiens rieurs, des lapins mutins, des goélands gourmands et de chouettes mouettes, des homards hautains et des araignées de mer gracieuses. Vous verrez des hortensias exploser de couleurs et des genêts éclater d'or, vous prendrez le temps... Vous entendrez le vent jouer de la harpe dans les haubans des voiliers. Vous comprendrez pourquoi : Qui voit Groix, voit sa joie. Kenavo d'an distro (au revoir à bientôt) »
« Une maison, c'est une valise extensible qui ne voyage pas un gros pull taille unique qui vous tient chaud en toute saison. Dans le package, il y a une ribambelle d'emmerdements, électricité, plomberie, toit, jardin, télé, internet, mais aussi une montagne de joie, un océan de rires, et le sentiment incomparable d'être juste à sa place. Philippe avait raison, la vie est un échiquier où on peut rejouer inlassablement une partie jusqu'à la gagner.»
C'est au cours de la lecture du roman « A l'adresse du bonheur » de Lorraine Fouchet que j'ai découvert cette description de la maison de famille comparée à une valise extensible, description que je trouve merveilleusement vrai.
Ce roman se passe à l'île de Groix, (Lorraine Fouchet n'est pas native de Groix, mais elle a adopté Groix et l'île l'a adoptée ) la maison y est campée sur une petite colline qui surplombe la mer ; ma maison d'enfance est sise elle aussi sur une île, très loin là-bas, au-delà de l'Océan Atlantique, mais mes rêves m'y emmènent souvent ... elle est aussi perchée sur un petit morne (colline en créole) enfouie dans la verdure de la campagne tropicale, entourée de cocotiers, de bananiers, de manguiers, de goyaviers et de litchis, un bouquet de bambou chante tout près de la maison quand l'alizée lui ébouriffe les feuilles, il mêle sa chanson à celle de la rivière qui coule en contrebas... c'est ma valise à moi toute pleine de soleil et remplie de souvenirs qui me tiennent le cœur au chaud.
Livia