LA CRECHE…
La Nativité est un petit panneau de
chêne peint par Stefan Lockner de Cologne en 1445.
(Alte Pinakothek Munich)
Greccio, décembre 1223. Noël approche. Désireux de célébrer la Nativité « grandeur nature, saint François d’Assise remplit une grotte de paille et de moutons, emprunte un âne et un bœuf, et demande au pape l’autorisation de célébrer la messe de Noël en ce lieu inhabituel !
On imagine aisément l’ambiance de la messe entre braiements, meuglements et bêlements ! Pas forcément propice au recueillement…
Les animaux de la crèche ne sont pas là simplement pour le folklore. Ils représentent la création dans son ensemble. Et l’étoile, le cosmos. […]
Crées dociles et pacifiques par Dieu, les animaux ont étés victimes du désordre introduit dans le monde par le péché de l’homme. Aussi le tigre est-il devenu féroce, et l’âne rétif. […]
L’Evangile ne mentionne ni âne ni bœuf mais, en écho à la tradition biblique, les voilà aux premières loges. Derrière le berceau encore vide, il y a donc un âne. Et pas n’importe lequel ! Il a probablement eu l’insigne honneur de transporter la Mère de Dieu et sa précieuse charge de Nazareth à Bethléem. Par ailleurs, on peut voir dans cet animal l’annonce de la royauté de Jésus et la préfiguration de son entrée triomphale à Jérusalem (Mt21).
Monture des rois d’Israël, l’âne est aussi une bête de somme précieuse : il sert de vélo et de camionnette, transportant hommes et marchandises avec une égale endurance. Il est le serviteur quelconque par excellence.
Les mauvaises langues disent que lorsqu’il n’est pas bête il est rétif ! L’âne nous le demande gentiment : vous, les hommes, mettez-vous votre intelligence au service du bien, de la justice et de la vérité ? […]
Cela ne fait pas très chic, un bœuf dans la chambre d’un nouveau-né, mais puisque l’Evangile précise que celui-ci est couché dans une mangeoire, on suppose à bon droit qu’il est né dans une étable. D’où la présence du bœuf. Meuh !
Le bœuf tient tout simplement lieu de chauffage central ; il réchauffera le Nouveau-Né de son souffle paisible : Dieu dans sa providence, ne néglige aucun détail. […]
On trouve également, égaillés autour de la crèche, quelques brebis, que le berger, en adoration, ne surveille guère. Une brebis ?
Une boule de laine, quatre pattes, deux oreilles, et une phénoménale propension à bêler !
Gardons-nous bien de snober l’animal : la brebis, c’est nous.
Sommes-nous cette brebis sage couchée devant la crèche, ou celle qui broute sans regarder Jésus ?
Comment va-t-elle Le rencontrer, si elle reste au ras des pâquerettes ?
Sommes-nous celle-ci qui semble rebelle, ou celle-là, l’aventurière qui s’égare derrière la grotte ? Ne risque-t-elle pas, dirait saint Pierre Chysologue (Sermon 168), de perdre le chemin qui conduit au bercail du salut ? Les brebis sans berger, quel souci !
Heureusement, voici le Bon Pasteur, celui qui vient les conduire vers les frais pâturages de la vie éternelle.
Laissez-vous conduire, faites-lui confiance, nous conseillent les brebis égaillées autour de la crèche !
Juliette LEVIVIER
Extrait de : Famille Chrétienne