Par Liviaaugustae
Deux pigeons s’aimaient d’amour
tendre…
LES BEAUX MARIAGES.
On ne se marie pas assez souvent. La vie manque cruellement d’occasions d’enterrer sa vie de garçon. A intervalles réguliers, le mariage est critiqué. Vieille chanson, refrain usé. On voudrait le réformer. C’est oublier que les traditions ne sont pas faites pour bouger. Rien que pour des motifs euphoriques : mariage, le mot est quand même plus doux que pacs. On ne parle même pas de l’horrible concubinage, dont la prononciation vous pousserait à rester célibataire pour toujours.
« LE MARIAGE EST UN RISQUE, UN CHOIX, UNE AVENTURE.
Il entre là-dedans une bonne dose d’héroïsme. Il faut être fou, courageux, inconscient pour mettre les pieds dans cette contrée inconnue. On bâtit quatre murs autour d’un couple. Cela s’appelle un foyer. C’est un endroit vaste et compliqué, avec des pièces baignées de songes. Les surprises ne manqueront pas. La raison y intervient pour une part assez négligeable.
Rappelez-vous. Il y a eu les essayages chez le tailleur, le casse-tête des faire-part, le traiteur à réserver ? Ce gymkhana a du charme. Le jour dit, branle-bas de combat. Pourvu qu’il ne pleuve pas. Le témoin a disparu. Et les alliances, vous n’avez pas oublié les alliances ? La mariée est en retard. Les demoiselles d’honneur sont allées en douce à l’épicerie du village. Elles reviennent avec des airs mystérieux, cachant des sachets derrière leur dos. Soudain, on se retrouve sur les marches d’une église ou d’une mairie, un peu ahuri, noyé sous une pluie de grains de riz. Les amis vous regardent partir vers un avenir incertain. Vous vous dirigez vers un aéroport, avec au cœur la sensation pas fausse que rien ne sera plus jamais pareil. « OUI ». On prononce rarement dans une existence, une syllabe aussi fatidique.
Au moins cela crée des souvenirs. Les regrets viendront plus tard. De temps en temps, il ne faut pas avoir peur d’être original. Le mariage a le don de conserver la vie, d’autoriser tous les espoirs. C’est un accélérateur de particules. Cela va déclencher mille histoires. Chut, écoutez. L’orchestre joue des tubs démodés qui font pouffer les adolescents en costumes de velours noir. En plus, il est permis de boire trop de champagne.
A quelle invitée vais-je demander sa main, dites ?
Eric NEUHOFF
Extrait de : Madame Figaro.
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