Nous avons tous, peu ou prou, entendu cette phrase : C’était mieux avant !
Peut-être que, tout comme moi, vous l’avez même énoncé parfois.
Dans tous les médias et sur internet, circulent moult vidéos à l’appui de cette citation, pour nous prouver la véracité de cette idée reçue que : C’était mieux avant!
Et pourtant, Lucien Jerphagnon, auteur que j’apprécie énormément, nous prouve avec ce petit livre, que nous nous trompons, il n’y a jamais eut sur la terre des hommes des pages lisses et calmes : car l’envie, la jalousie et la même la haine parfois, se réveille, alors ils se lancent dans des guerres intestines, à propos d’un amour malheureux, ou pire des familles se déchirent autour d’un héritage et parfois certains membres se fâchent définitivement, nous voyons bien qu’à notre niveau, dans notre vie de tous les jours, nous aurions pu éviter bien des heurts !
Et Monsieur Jerphagnon nous offre beaucoup d’exemples depuis l’Antiquité, pour nous prouver que décidément : Ce n’était pas vraiment mieux avant !
Livia
C’était mieux avant. Les enfants étaient mieux élevés, cultivés, grands lecteurs. Tout le monde était plus beau. Aujourd’hui, tout va mal. Hier déjà et avant-hier, aussi. Demain, n’en parlons pas.
En relisant trente siècle de ronchonnements, de regrets lancinants, d’appréhensions, Lucien Jerphagnon a choisi, traduit, commenté les plus belles perles du pessimisme générationnel.
Des Grecs, des Latins, des gens du Moyen Âge, de la Renaissance, etc., et même de quelques contemporains. C’est l’empire du pire.
Un petit livre noir qui redonne des couleurs à notre époque.
Véritable vade-mecum, le Petit livre des citations latines permet quant à lui de réviser nos classiques : à chaque page une citation accompagnée d’un commentaire toujours savant mais jamais sérieux !
Extrait :
« Tout va mal, paraît-il. Voire de mal en pis, à en croire ce que j’entends dire ce matin… Hier déjà, et de même avant-hier, si j’ai bonne mémoire…
Rien ne se serait donc arrangé depuis mon enfance. J’en étais sûre: quand ai-je jamais entendu dire que décidément, tout allait pour le mieux? Dans le premier quart du siècle dernier, mon père déjà disait que tout se dégradait, et la mine de cet homme de science ne laissait présager un mieux dans l’immédiat. Pour ma grand-mère non plus, rien n’allait. Sur ce point, elle tombait d’accord avec toutes les vieilles Dames de Faizant qui bavardaient avec elles des heures entières, chacune produisant quelques preuves nouvelles à l’appui. Quand à mon arrière grand-père, celui qui avait vu Napoléon III à Saint-Cloud lors de son service militaire, je l’entends encore assurer que depuis ce temps-là, rien n’allait plus… »
« Je vieillis et ne puis regarder sans effroi
Ces neveux affamés dont l’importun visage
De mon bien à mes yeux fait déjà le partage.
Je crois déjà les voir, au moment annoncé
Qu’à la fin sans retour, leur cher oncle est passé,
Sur quelques pleurs forcés ils auront soins qu’on voit,
Se faire consoler du sujet de leur joie.
Nicolas Boileau