Un dimanche à l'îlet Fajou (Guadeloupe)...
(ma photo)
Pour faire suite à mon article d'hier.
Malgré l'admiration que j'ai pour Monsieur Jerphagnon et malgré toutes les citations apportées par lui pour prouver que la vie n'était pas mieux avant et ce depuis l'Antiquité, je persiste et signe : « C'était beaucoup mieux avant » du moins en ce qui me concerne car même si dans le monde cela tonnait et grondait, nous ne le savions pas, donc c'était... comme si cela n'existait pas (aujourd'hui avec internet et tous les médias on n'y coupe pas, nous sommes submergés avec toute la misère du monde jusque chez nous.)
J'habitais en Guadeloupe, petite île sous le soleil tropical bercée par l'alizée – aujourd'hui, la même pagaille règne là-bas, merci le « progrès » – comme il n'y avait à l'époque que deux bateaux par mois, (aujourd'hui, une dizaine d'avions par jour relient l'île au monde entier) nous n'avions ni télé ni internet qui n'était pas encore né, les mauvaises nouvelles nous arrivaient donc au compte goutte – elles étaient bien vite oubliées – les familles n'étaient pas encore décomposées à l'époque (aujourd'hui on dit recomposées, mais ce n'est pas vrai, les enfants souffrent beaucoup de cette recomposition là), entourés par papa et maman, les grands parents et toute la famille, nous les enfants avions une vie calme et j'ose le dire, une vie heureuse (on dirait aujourd'hui zen, car même les mots ont changé), la mer nous attirait tous les dimanches et ce durant toute l'année, pendant les vacances scolaires, nous allions chez mes grands parents et c'était la campagne qui abritait nos jeux et la rivière accueillait nos baignades. Nous poussions tranquillement en harmonie avec la nature, comme les plantes tropicales sous le soleil.
A l'école, la discipline régnait, il n'y avait donc pas de harcèlement. Bien sûr nous apprenions avec plus ou moins de bonheur, telle ou telle matière – j'avais en horreur les maths, ces trains qui partaient en même temps, ne roulaient pas à la même vitesse, mais qui arrivaient quand même en même temps et cela sans se rattraper, ces robinets qui coulaient tandis que le bassin fuyait, c'était pour moi de véritables cauchemars, qu'il fallait calculer – heureusement nous avions les autres matières qui compensaient ces maudits trains et robinets tordus.
A l'adolescence, nous rêvions alors de l'amour et le prince charmant berçait nos rêves... pour certaines, il n'a pas pas toujours été au rendes-vous hélas, les peines de cœurs ont toujours existé, cela n'était pas mieux avant).
Aujourd'hui l'amour n'a plus tellement la côte, il s'est raréfié, l'argent a pris sa place, les filles qui ont les deux pieds sur terre, ne rêvent pas, elles épousent « un portefeuille » et *peu leur chaut si ce portefeuille approche des cent ans !
Alors, est-ce que tout était vraiment mieux avant ?
Bien qu'il y ait eu des hauts et des bas, quelques difficultés par-ci par-là, mais quelle vie n'en a pas, (par exemple la mort de mes grands parents m'avait profondément remuée ) cependant grosso modo pour moi : C'était mieux avant !
Livia
*Peu leur chaut.
Il s'agit de la 3e personne au présent de l'indicatif du verbe « chaloir ». Celui-ci dérive lui-même du latin « calere » dont l'un des sens est « désirer ». Ce que vous désirez vous importe sûrement, n'est-ce pas ?
Voilà pourquoi « peu me chaut ! » équivaut à « peu m'importe » !