Par Liviaaugustae
Bien qu'il va être mangé, ce cochon a pourtant l'air de rire...
(image internet)
LE COCHON
(Le plaisir et l'amour)
Car tout est bon en toi: chair, graisse, muscle, tripe !
On t'aime galantine, on t'adore boudin
Ton pied, dont une sainte a consacré le type,
Empruntant son arôme au sol périgourdin,
Eût réconcilié Socrate avec Xanthippe.
Ton filet, qu'embellit le cornichon badin,
Forme le déjeuner de l'humble citadin;
Et tu passes avant l'oie au frère Philippe.
Mérites précieux et de tous reconnus !
Morceaux marqués d'avance, innombrables charnus!
Philosophe indolent qui mange ce que l'on mange !
Comme, dans notre orgueil, nous sommes bien venus
A vouloir, n'est-ce pas, te reprocher ta fange ?
Adorable cochon ! animal roi- Cher ange !
Charles Monselet
Un mot sur le poète.
Estampe à la pointe sèche
Marcellin Desboutin
Charles Monselet, né à Nantes le 30 avril 1825 et mort à Paris le 19 mai 1888, est un écrivain, journaliste, romancier, poète et auteur dramatique français.
Surnommé « le roi des gastronomes » par ses contemporains, il est, avec Grimod de la Reynière, le baron Brisse et Joseph Favre , l'un des premiers journalistes gastronomiques français.
J''habite à deux pas de la rue Monselet à Nantes, mais je ne connaissais pas les poèmes gastronomiques de ce nantais gourmand... je ne l'ai découvert que récemment au cours d'une lecture.
Livia
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog

