Par Liviaaugustae
Geisha jouant du shamisen ukiyo-e de 1800.
(Image wikipédia)
Chinoiserie…
Ce n’est pas vous, non madame, que j’aime,
Ni vous non plus Juliette, ni vous,
Ophélia, ni Béatrix, ni même
Laure la blonde, avec ses grands yeux doux.
Celle que j’aime, à présent, est en Chine ;
Elle demeure avec ses vieux parents,
Dans une tour de porcelaine fine,
Au fleuve jaune, où sont les cormorans.
Elle a des yeux retroussés vers les tempes,
Un pied petit à tenir dans une main,
Le teint plus clair que le cuivre des lampes,
Les ongles longs et rougis de carmin.
Par son treillis elle passe sa tête
Que l’hirondelle, en volant vient toucher,
Et chaque soir, aussi bien qu’un poète,
Chante le saule et la fleur du pêcher.
Théophile Gauthier.
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