Estampe coloriée, représentant les mousquetaires de la deuxième compagnie. Planche extraite du recueil d’uniformes de Jacques Antoine Delaistres, 1721.
(Musée de l’Armée)
Le musée de l’Armée présente une grande exposition sur ces soldats à la devise légendaire : Un pour tous ! Tous pour un !
Les mousquetaires sont une unité indépendante créée par Louis XIII en 1622.
A cette époque le Royaume est très agité. Le Roi guerroie contre sa mère Marie de Médicis, contre les protestants, contre sa femme Anne d’Autriche, contre son frère Gaston d’Orléans, contre les grands du Royaume, contre les espagnols…
Louis XIII détache alors les 50 carabins de la compagnie des chevaux légers pour former une troupe fidèle à son service exclusif, en fait sa garde rapprochée. Le roi est leur capitaine et en intégrant ce corps, ils reçoivent la célèbre casaque bleue doublée de rouge ornée de croix fleurdelisées, qui signe leur appartenance à la Maison Royale.
Paire de gants de mousquetaire à crispins (1630)
Boutons en argent d’uniforme de mousquetaire.
Paire d’éperons coudés à cinq pointes à décors damasquiné.
Ces combattants participent aux fastes de la vie royale, aux escortes royales, aux missions de police… mais leur sort est souvent cruel : ils sont au premier rang des troupes royales lors des assauts et souvent y perdent la vie, ainsi le vrai D’Artagnan a été tué vers la cinquantaine lors du siège de Maastricht sous Louis XIV.
Ces soldats sont issus généralement de la noblesse, notamment de Gascogne, et vivent à Paris près du Roi, alors installé au Louvre. Louis XIV leur accorde une attention particulière et donne aux Mousquetaires leur organisation définitive en créant deux compagnies d’après la robe de leurs chevaux : les gris, dont d’Artagnan deviendra le capitaine en 1667, et les noirs.
Les compagnies accueillent les jeunes nobles vers 15-16 ans pour leur offrir une formation guerrière et militaire fondée sur l’expérience pratique. Ils apprennent à obéir et à commander, mais aussi le savoir vivre des gens de cour et son formé à la danse, à l’équitation, à l’escrime et peuvent, après quelques années s’ils survivent, prétendre à un commandement à l’armée du Roi. La bataille de Fontenoy est leur dernier fait d’arme notable car en 1775 le comte de Saint-Germain secrétaire d’état à la guerre de Louis XVI décide d’adopter des mesures d’économies et démantèle les deux compagnies. Elles connaîtront un bref regain sous la Restauration, avant de disparaître définitivement en 1816.
Qui se souviendrait des mousquetaires sans les romans d’Alexandre Dumas ? Sans les films tirés de ces mêmes romans, parfois pas très orthodoxes ? Pas grand monde je pense !
Vous pouvez mieux les connaître en allant voir l’exposition au Invalides, jusqu’au 14 juillet.
Liviaaugustae