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De Socrate junior à Kevin le geek...

 

 

 

 

 

De Socrate junior à Kevin le geek...

Socrate, son épouse et Alcibiade,

tableau de Reyer Jacobsz van Blommendael.

(Musée des Beaux-Arts de Strasbourg)

(Image wikipédia)

 

Marié à Xanthippe, une mégère de la pire de la pire espèce, père de trois fils et maître de nombreux jeunes disciples, Socrate était à l’abri de l’ennui. Résigné lorsqu’il évoquait sa vie conjugale, il l’était moins lorsqu’il exposait ses déboires d’éducateur :

« Notre jeunesse aima le luxe, elle est mal élevée, elle se moque de l’autorité et n’a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d’aujourd’hui sont des tyrans. Ils ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans une pièce, ils répondent à leurs parents et ils sont tout simplement mauvais. »

Ah jeunesse ! « Rien de nouveau sous le soleil » dirait notre ami l’Ecclésiaste : il y a toujours des vieux renards pour se plaindre des jeunes coqs, et des jeunes coqs pour provoquer les vieux renards…

Pourtant entre un jeune grec du Ve siècle avant J.C. et un jeune branché d’aujourd’hui, il y quelques nuances qui ne tiennent pas qu’au jean troué et au coca-cola bien frais. Le temps et l’espace, qui sont des repaires pourtant aussi stable que la lune et les étoiles, semblent avoir subi, ces dernières décennies, un curieux rétrécissement.

Le fils de Socrate, s’il était furieusement aventurier, allait se promener à ses risques et périls aux confins de la Méditerranée. Il avait beau, comme son père, affirmé qu’il n’était « ni grec, ni athénien, mais citoyen du monde » son rayon d’action restait limité par l’espace et réglé par le temps. Heureux qui, comme Sophronisque, a fait un long voyage, disait-on sur l’Agora. Nos ados, sans quitter leur antre (un remake grunge de la caverne platonicienne), ont accès au monde entier, via internet, à leurs risques et périls aussi d’ailleurs. Heureux qui, comme Kevin, a cliqué sur youtube et s’est transporté en Australie.

Entre Socrate junior et Kevin le geek, les repaires spatiaux temporels se sont effacés : Athènes n’est plus qu’à un clic de Paris ou de Sydney. Fabuleux.

Fabuleux mais dangereux. Internet, c’est, selon la formule consacrée, « anything, anyone, anywhere, anytime » : n’importe quoi, n’importe qui, n’importe où, n’importe quand.

N’importe quoi : la recette du cocktail molotov, de la potée auvergnate ou de la félicité selon le Kâma sûtra.

N’importe qui : Marilyn Manson, Lady Gaga, Bob l’éponge ou le pape François.

N’importe où : Partout sauf sur la planète Mars, pas encore connectée (çà viendra). Vénus, elle, est parfaitement joignable sur les ordinateurs ne bénéficiant pas de contrôle parental.

N’importe quand : En pleine nuit ou en cours de maths grâce au smartphone dernier cri.

Réjouissons-nous des opportunités du présent et sachons en voir les aspects ultra positifs, mais ne jouons pas les autruches. Certains de nos ados ont perdu les repaires les plus basiques et, avec eux, le sens du réel. Ils vivent dans une bulle, loin, très loin de nous, parfois dans une solitude effrayante.

Ce qui nous relie au réel, en dehors de notre corps, ce sont les repaires de temps et d’espace. Aidons nos chéris à les retrouver grâce, par exemple, à la grande maxime du picard en bottes boueuses : « ici et maintenant ». Autre maxime utile : « la durée, il faut l’endurer », pour sortir de la culture de l’immédiat et du tout, tout de suite. Concrètement, limitons le temps passé devant l’écran, quitte à couper arbitrairement l’accès à partir de 22 heures (débranchement du modem, un acte de sauvagerie contre les droits du geek), veillons aux sites visités, aux rencontres réelles avec des amis réels, au discernement de nos chéris. Tout cela vous le savez aussi bien que moi…

Internet est un lieu de combat spirituel. Combattons donc en enfants de lumière, avec le glaive de la lucidité, le casque de l’autorité et le bouclier de l’espérance. Socrate le disait à son fils Sophronisque : « le mal vient de ce que l’homme se trompe au sujet du bien ». Eduquons nos enfants au beau, au bon, au bien, au juste, au vrai ; ils seront armés pour le combat.

Juliette LEVIVIER

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L
Bonjour Aude,<br /> Le tableau est amusant,  Socrate a une tête d'idiot confirmé!<br /> J'aime bien les éditos de Juliette Levivier,  elle met en scène nos petits ennuis d'aujourd'hui,  de façon très amusante.<br /> Chez nous il fait encore beau, mais peut-être pas pour longtemps, si tu sors mets un chapeau pour ne pas être échevelée....<br /> Passe aussi une belle journée
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L
Bonjour moqueplet,<br /> Si les modèles sont dénudées, je pense que c'est juste comme attraction...et Socrate regarde son disciple Alcibiade...passe une belle journée
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A
J'ai  bien ri en regardant le tableau et appris beaucoup en lisant ton article. Qui est Juliette Levivier? Elle nous incite à réfléchir et j'aime son orientation.<br /> Passe une belle journée. Ici un vent à décorner les boeufs.
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M
mais que regarde-t-il cet homme.........je trouve qu'elles étaient bien dénudées ces jeunes femmes....passe un excellent lundi
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