Par Liviaaugustae
« Venise n'est-elle pas la plus belle et émouvante ville du monde ? »
Jean d'Ormesson
Santa Maria della Salute et la palais des Doges
Jean Madura
12 septembre 1833 – Chateaubriand se sent en parfaite harmonie avec la cité lacustre. Il est descendu à l'hôtel de l'Europe face à la Salute et San Giogio Maggiore. Il s'émerveille des bronzes, des marbres, des granits et porphyre du palais des Doges, de la basilique San Marco et rêve au passé de la Sérénissime quand elle : « Donnait des empereurs à Constantinople, des rois à Chypre, des princes à la Dalmatie, au Péloponnèse, à la Crète. »
Venise n'est plus l'épouse de la mer et elle n'a plus de Doges voguant à bord du bus centaure pour lancer un anneau dans l'Adriatique, mais elle incarne, ce que nul ne peut lui contester, la civilisation. Et François René voudrait rester dans cette cité à l'abri d'un palais ocre pour y terminer ses mémoires et sa propre vie. Pour y mourir comme meurt cette civilisation.
Hôtel Danieli
13 février 1834 – La fièvre tient Musset dans sa chambre au Danieli. Georges Sand veille son « gamin » comme elle le nomme, alors qu'elle n'a que six ans de plus que lui. Ils sont en Italie depuis deux ans. A Gênes première étape de leur voyage, puis à Venise c'est Georges qui a été très malade. Mais Musset n'avait pas un tempérament de Saint Bernard ; il courait la ville de jour comme de nuit, impatient de découvrir les plaisirs et débauches de la Sérénissime et il rentrait ivre, et Georges pu toucher du doigt son côté sombre.
Venise vue depuis la douane
Jean-Baptiste Corot
8 octobre 1970 – Depuis plus de soixante ans Morand goûte Venise, elle est la seule dont il ne soit pas « décharmé ». Pour lui Venise est « ce décor de final d'opéra », ses canaux sont des encriers. Il plonge une dernière fois sa plume pour dire que tout comme la Sérénissime, lui-même ne s'accommode guère de la laideur qui vient. Il aime à remonter le temps à Rome mais surtout à Venise parce que dans cette ville : « le passé reste en suspens ».
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