Par Liviaaugustae
20 juin 2016.
L’été commence aujourd'hui...
sur le calendrier !
Le jardin de Monet (1873)
La maison serait pleine de roses
La maison serait plein de roses et de guêpes.
On y entendrait, l'après-midi, sonner les vêpres ;
Et le raisin couleurs de pierre transparente
Semblerait dormir au soleil sous l'ombre lente.
Comme je t'y aimerais ! Je te donne tout mon cœur
Qui a vingt-quatre ans, et mon esprit moqueur,
Mon orgueil et ma poésie de roses blanches ;
Et pourtant je ne te connais pas, tu n'existe pas.
Je sais seulement que, si tu étais vivante,
Et si tu étais comme moi au fond de la prairie,
Nous nous baiserions* en riant sous les abeilles blondes, près du ruisseau frais, sous les feuilles profondes.
On n'entendrait que la chaleur du soleil.
Tu aurais l'ombre des noisetiers sur ton oreille,
Puis nous mêlerions nos bouches, cessant de rire,
Pour dire notre amour que l'on ne peut pas dire ;
Et je trouverais, sur le rouge de tes lèvres,
Le goût des raisins blonds, des roses rouges et des guêpes.
Francis Jammes
*Baiser : Embrasser, baiser quelqu’un au front, baiser la main d’une Dame, baiser un crucifix.
XIIe siècle : dans les relations amoureuses en signe d’affection ou de respect, du latin « basiare ».
Appliquer, poser ses lèvres sur une personne, une chose par affection, ou respect.
Dictionnaire Larousse
Baiser, ce mot charmant a été dévoyé aux cours des années, descendu des lèvres, il est devenu vulgaire, voir obscène, il patauge aujourd’hui dans les marais de la trivialité !
Liviaaugustae
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