Jouer de la lyre pendant que Rome brûle
Se laisser aller et négliger ses responsabilités...
Être empereur de Rome n'était pas une tâche facile. Il fallait faire face aux menaces constantes :
mutineries des légions
invasions barbares
assassins embusqués
Il n'est pas surprenant, de ce fait, que certains empereurs aient laissé la pression leur monter à la tête.
- Domitien, fit construire son palais avec des pierres de lune réfléchissantes afin de pouvoir guetter les mouvements des gens dans son dos ;
- Caligula, accorda le rang de sénateur à son cheval favori ;
- Tibère, qui est censé avoir tué un homme en le faisant frotter à mort avec un poison.
Le plus célèbre des mauvais empereurs reste Néron, dont l'habitude d'utiliser les chrétiens enflammés pour éclairer son jardin en fit l'un des premiers prétendants au titre d'antéchrist.
Les torches de Néron (1876)
Henryk Siemiradzki
Comme Hitler, Néron croyait avoir un talent artistique et aimait soumettre ses courtisans à des récitations interminables de mauvaises poésies qu'il avait écrites et qu'il accompagnait à la lyre.
Un jour, on rapporta à l'empereur que l'aristocrate Pétrone avait récité certains de ses vers décrivant un orage pendant qu'il était dans les toilettes publiques. Pétrone reçut aussitôt une lettre de l'empereur l'invitant à se suicider.
Mais la catastrophe la plus sérieuse du règne de Néron fut le grand incendie de Rome en 64 après J.C., pour lequel il fut unanimement, bien qu'injustement, blâmé.
L'incendie de Rome
(reconstitué dans le film : Quo vadis)
Suétone écrivit que : Néron avait déclenché lui-même le feu, pour obéir à une pulsion démente, et qu'il avait assisté à sa progression depuis une tour sur l'Esquilin en chantant et en jouant de la lyre – d'où l'expression moderne : « jouer de la lyre pendant que Rome brûle ».
Néron, faisait attacher des chrétiens à des piques, les faisait entourer d'étoupe et on y mettait le feu, pour éclairer ses réceptions, on appela ces épisodes les « torches de Néron ».
Mais on on sait aujourd'hui que Néron n 'a pas ordonné d'allumé le feu à Rome, mais que du haut d'une tour de l'Esquilin, il chanta des poèmes écrits par lui en s'accompagnant de sa lyre. Et après l'incendie, il fit reconstruire la ville magnifiquement.
Et le temps passa...mais l'homme ne changea pas !
Car ne voyons-nous pas aujourd'hui nos politiques : « jouer de la lyre pendant que la France brûle » ?
Liviaaugustae