Eklablog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Fables.

 

 

 

 

 

 

numérisation0009

Frontispice gravé par C.N. Cochin d’après OUDRY

Pour les fables de Lafontaine (1755-1759)

 

 

 

JUPITER ET LE PASSAGER.

 

O combien le péril enrichirait les Dieux,

Si nous nous souvenions des vœux qu’il nous fait faire !

Mais, le péril passé, l’on ne se souvient guère

De ce qu’on a promis aux Cieux :

On compte seulement ce qu’on doit à la terre.

Jupiter, dit l’impie, est un bon créancier :

Il ne se sert jamais d’huissier.

Eh ! qu’est-ce donc que le tonnerre ?

Comment appelez-vous ces avertissements ?

Un Passager, pendant l’orage,

Avait voué cent bœufs au vainqueur des Titans.

Il n’en avait pas un : vouer cent éléphants

N’aurait pas coûté d’avantage.

Il brûla quelques os quand il fut au rivage.

Au nez de Jupiter la fumée en monta.

Sire Jupin, dit-il, prends mon vœu ; le voilà :

C’est un parfum de bœuf que ta grandeur respire.

La fumée est ta part : je ne te dois plus rien.

Jupiter fit semblant de rire ;

Mais en quelques jours le Dieu le rattrapa bien,

Envoyant en songe lui dire

Qu’un tel trèsor était en tel lieu. L’homme au vœu

Courut au trésor comme au feu :

Il trouva des voleurs, et n’ayant dans sa bourse

Qu’un écu pour toute ressource,

Il leur promit cent talents d’or,

Bien comptés, et d’un tel trésor :

On l’avait enterré dedans telle bourgade.

L’endroit paru suspect aux voleurs, de façon

Qu’à notre prometteur l’un dit : Mon camarade,

Tu te moques de nous, meurs, et va chez Pluton

Porter tes cent talents en don.

 

 

 

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article