Chapelle dédiée à
Saint-Louis
Jeanne d’Arc peint par Albert Lynch
en 1897.
[…] C’est à l’Hôtel de Ville de Paris, le 2 avril 1945 dans son discours, tous les héros qui ont marqués le passé de Paris défilent devant nous, comme s’ils étaient en chair et en os, parés des armures et des vêtements de leur époque. Ne manque plus que le brouhaha de la foule, le claquement des sabots des chevaux et le cliquetis des armes. Je contemple alors Sainte Geneviève faisant reculer Attila, Jeanne d’Arc montant à l’assaut de la porte Saint Honoré, Henri IV rétablissant l’Etat dans la capitale, l’Assemblée des trois ordres y proclamant les Droits de l’homme, les prussiens entrant triomphalement en 1871, Joffre et Gallieni la sauvant sur la Marne, l’ennemi la prenant de nouveau en 1940, alors qu’elle n’est pas défendue, les Alliés et les Français engagés en 1944 dans les durs combats de sa libération.
Maréchal Gallieni (1849-1916) par J.F. Bouchor
(Château de Versailles)
Pour lui, l’Histoire est la scène d’un théâtre où il se retrouve en compagnie des personnages héroïques qui l’ont écrite et avec lesquels il dialogue d’homme à homme… Toute sa vie, il mettra ses pas dans ceux de ces parangons, se réfèrera à eux dans ses œuvres et ses paroles, et nous les donnera en exemple afin de nous montrer ce que nous devons faire ou ne pas faire pour cette « vielle France accablée d’Histoire, meurtrie de guerres et de révolutions, allant et venant sans relâche de la grandeur au déclin, mais redressée de siècle en siècle par le génie du renouveau ». Consulter l’Histoire, c’est regarder en arrière pour aller de l’avant…
[…] Il a une opinion très personnelle de nos Rois. S’il aime Saint Louis, l’inventeur de la justice et d’une morale politique, il méprise Louis XI pour son hypocrisie, mais loue sa valeur et son efficacité. Il reproche à François Ier d’avoir mal utilisé les richesses de la France à cause de son manque de jugement et, plus indulgent, donne un accessit à Henri IV, malgré son côté roublard, pour son courage et sa compétence face aux guerres civiles. Son admiration va à Louis XIII et à Louis XIV grâce auxquels, souligne-t-il, la France est devenue la plus grande puissance mondiale, et exprime ses regrets à l’égard de Louis XV, le sceptique, et de Louis XVI, trop bon et trop faible souverain.
Louis XIII par Philippe de Champaigne
(Musée du Prado Madrid)
Louis XIV
peint par Hyacinthe Rigaud
(Château de Chambord)
Napoléon Ier
couronné par le Temps, écrit le code civil peint par Jean-Baptiste Mauzaisse (1832)
(Musée du Château Malmaison)
Gambetta
(1838-1882)
[…] Clémenceau récolte toutes ses faveurs. Il a rendu justice à l’Ecole Chrétienne bannie par les libres penseurs transmués en lyncheurs. Pendant la grande guerre, il a redressé le moral tombé bien bas…
Clémenceau (1841-1929) par Manet
(Musée du Louvre)
[…] Le 26 août 1944 de Paris libéré… Au cours de la description de cette après-midi mémorable dans les Mémoires de guerres, jaillissent avec « l’Histoire rassemblée dans ces pierres », la Concorde et ses déchaînements d’enthousiasme révolutionnaire, le dôme des Invalides « étincelant encore de la splendeur du Roi Soleil », le tombeau de Turenne, de Napoléon, de Foch, le Louvre, les statues de Jeannes d’Arc et d’Henri IV, le palais de Saint Louis, Notre-Dame, « la prière de Paris »…
Extrait de : Dictionnaire amoureux de DE GAULLE (Michel Tauriac)