Par Liviaaugustae
En mémoire de Denis Tillinac, disparu samedi 26 septembre 2020, je vous offre un de ses magnifiques poèmes extrait de son recueil « Sur le pont des regrets » ?
Je lis souvent ce recueil, les poèmes sont magnifiques.
Livia
Denis Tillinac, romancier, essayiste et ici poète, nous invite à un cérémonial intime : traverser son Pont des regrets, un bouquet de poèmes qu'il dévide comme les couplets d'une romance villonesque, comme les longues stances d'un blues verlainien. Un recueil qui incite à la flânerie, qu'on lit en douceur, qui nous désaltère comme une source retrouvée, pour sentir là, présente et inentamée, la mémoire vive garante de survie, gardienne du présent.
Aube miraculeuse
Aube radieuse au plein de l'été
Couleurs d'un paradis sans forfanterie
De bleu des vers l'or du soleil sur le feuillage
Qu'un vent tiède fait bruisser
Un croissant de lune pâle
Discrète désemparée comme si elle regrettait
De devoir m'abandonner
Des oiseaux chantent leur bonheur d'exister
Au naturel écoliers et buissonniers
Des papillons jaunes divaguent innocemment
Rien ne leur pèse ils habitent une éternité
Que l'éphémère ne saurait endeuiller
Sur l'étang nénuphars roses et blancs
Rien ne leur coûte de se pavaner
Moi çà me coûte d'exister
De ce paradis je suis le créateur
Peintre chorégraphe musicien du bonheur
C'est lourd pour un seul cœur
Aube miraculeuse d'un dernier été
Qui peut-être sera mon dernier.
« Éparpillé en proses diverses, mon imaginaire d'écrivain a toujours retrouvé ses ports d'attache dans l'aventure poétique. Souvenirs obsédants, émotions glanées sur le fil de l'instant, songeries idéales, aveux peu glorieux, regrets embrumant des plages de bonheur - me voilà tout entier dans ce kaléidoscope. »
Denis Tillinac
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog
