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Regard sur l'art chrétien...

 

 

 

 

 

Regard sur l'art chrétien...

 

Le Christ et la femme adultère

 

Formé à Rome, mandaté par Louis XIV, Nicolas Colombel se situe à rebours du baroque alors à la mode.

 

D'un classicisme épuré, il peint dans la ville éternelle le même thème que Poussin, qu'il admirait, vingt-neuf ans après.

 

Un peu oublié aujourd'hui, Nicolas Colombel est un peintre normand du règne de Louis XIV, de second rang mais de haute qualité, né près de Rouen, parti pour Rome vers 1678. Il y fut reconnu comme un des meilleurs de la ville. Revenu en France vers 1692, il fut reçu à l'Académie royale de peinture et y fut nommé professeurs. Louis XIV le chargea de peindre des appartements au château de Versailles et Meudon. IL s'est consacré aux tableaux de chevalet sur des thèmes religieux et mythologiques.

 

Le Christ et la femme adultère est raconté par saint Jean au chapitre 8, quand Jésus vient à Jérusalem une première fois à l'approche de la Pâques, alors qu'il est déjà activement recherché par les juifs, mais ne permet pas encore qu'on l'arrête à ce moment.

 

Colombel a conservé le Christ au centre de la composition, montrant aux pharisien la femme d'un geste de la main droite. Mais chez Colombel la femme est debout et sanglote dans son voile, non plus prostrée à terre aux pieds du Christ. Comme chez Poussin, deux hommes se penchent pour tenter de déchiffrer les mots mystérieux écrits par Jésus sur le sol, que l'évangéliste ne dévoile pas. Jésus vient de prononcer : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre ! » comme le dit saint Jean, « il se retirent un à un, à commencer par les plus vieux » : l'homme de droite, et celui au fonde de dos chauve et courbé. Sans compter le Christ, la femme et le jeune enfant, Colombel a gardé le m^me nombre équilibré d'hommes, dix. Du moins pour ce qui saute aux yeux au premier regard, car on en découvre encore deux autres peu visibles. L'un de dos en train de s'éloigner, l'autre penché dans l'ombre du Christ.

 

L'ajout de l'enfant, qu'un homme cherche à éloigner, n'est pas clair : est-ce le fils de la femme ; l'un des potentiels lapideurs est-il son père ; ou un enfant de passage par hasard ? Les hommes s'écartent du centre du tableau en partant vers la droite, la gauche et le fond, comme s'ils sortaient de la scène d'un théâtre. Dans un court instant, le Christ et la femme seront seuls face à face : « Moi non plus je ne te condamne pas. Va et désormais ne pèche plus. »

 

Bien sûr, Poussin est d'une tout autre pointure que Colombel et sa femme adultère, un de ses chefs-d'œuvre les plus célèbres est inimitable. Le dessin est ici plus glacé dans son irréprochable perfection porcelainé, annonçant le néo-classicisme de la fin du XVIIIe et du XIXe siècle, et les attitudes plus solennelles.

 

Mais Colombel a un sens indéniable de la mise en scène. Il a conservé du tableau de Poussin, l'angle du bâtiment à gauche, mais a inséré ses protagonistes entre deux temples, ce qui donne encore plus de hiératisme. Il a ajouté également les deux hauts palmiers, une belle idée. La gamme de coloris de Colombel est bien plus froide que celle de Poussin. Presque plus de rouge ni de jaune safran présent dans tous les tableaux de Poussin, moins d'ocre. Du vert, du jaune citron, du blanc et toutes sortes de bleus. Il a abandonné les couleurs traditionnelles rouge et bleu lapis pou les vêtements du Christ, les remplaçant par du bleu clair et du rose, non iconiques. Plusieurs vêtements sont en tissus changeant raffiné.

 

A gauche, à l'angle de la terrasse d'un temple, éclairé par un rayon de soleil, se détache entre deux fûts de colonnes cannelées, un visage jeune, ardent, qui fixe intensément le spectateur au lieu de regarder la scène qui se déroule en bas. Improbable auto portrait.

 

L'exposition monographique que le musée de Rouen lui avait consacré en 2012 était intitulé l'idéal et la grâce : l'idéal de la beauté classique de l'antiquité gréco romaine, de la Renaissance et de Poussin, combinée avec la profondeur de l'oraison et de la vie spirituelle tels qu'on les pratiquait au XVIIe siècle.

 

Il est à noter qu'ici les hommes lapideurs se détachent sur un fond noir. Au contraire, Jésus et la femme pardonnée au centre, sont en pleine lumière. Cela prouve l'importance que les peintres du XVIIe siècle attachaient à l'intervention de la Grâce divine dans la vie des hommes.

 

Marie-Gabrielle Leblanc

 

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L
Je passe vite car pas le temps, mais si tu veux voir deux magnifiques retables clique sur l'article de mon blog pro.
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D
Le gouverneur romain de Judée contraint ?! C'est une histoire revisitée pour rendre les Juifs responsables de la mort de Jésus. L'Eglise est nettement revenue sur cette interprétation. Il semble que Mme Leblanc ne soit pas au courant.
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D
Jésus de Nazareth était recherché par les Romains, pas par les  Juifs dont il faisait partie. L'Evangile de Jean est très orientée et je crois que l'on dit que Jésus s'était rendu à Jérusalem  le première fois alors qu'il était très jeune, là il est adulte.
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M
Merci beaucoup pour toutes ces informations passionnantes sur ce magnifique tableau...c'est un de mes passages préférés...remplis de tendresse et de miséricorde...qui nous invite à ne jamais juger...mais tendre la main pour relever ceux qui sont tombés ...Bon dimanche ! Amitiés
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M
nous en avions une aussi, notre fille a commencé à conduire avec elle....mon mari regrette de ne pas l'avoir gardée.....passe un doux dimanche, ici ce sera avec le froid, la neige n'est pas loin
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