En découvrant sur internet cette photo montage : la tête d'un aigle associée à un corps de lapin, j'ai écris ce petit texte qui met en scène des « docteurs Follamour » ivres de leur importance qui seraient capables de tenter l'expérience (si ce n'est déjà fait) pour réunir ces deux animaux en une seule et même créature, juste pour prouver leur puissance et satisfaire leur ego démesuré !
Un drôle d'animal...
(image pixabay)
Depuis ma naissance je volais là-haut dans l'azur.
J'avais bâti mon aire sur un rebord de la montagne, nous y logions en famille, mon mâle et moi avec nos petits.
Mais un jour je fus prise dans un piège, je ne me rendis pas compte tout de suite qu'il était mortel et pensais pouvoir m'échapper.
Mais c'était sans compter sur la folie des hommes !
Je fus emmené dans une pièce toute blanche, des cages de toutes les dimensions occupaient les murs et je fus enfermée dans l'une d'elle, je n'étais pas seule dans cette pièce, d'autres animaux aussi mal chanceux que moi, y étaient enfermés aussi.
J'étais désespérée en pensant à mes enfants qui mourraient de faim, car si je ne revenais pas mon compagnon chercherait une bonne fortune ailleurs et ne nourrirait plus les enfants. Il fallait absolument que je sorte de là ! oui mais, comment ?
Un jour, je fus endormie par une petite fléchette, et... lorsque je rouvris les yeux, j'avais de longues oreilles, des poils, et... je marchais à quatre pattes sur le sol tout blanc de la pièce aux cages.
Que m'était-il arrivée ?
Les hommes en blancs qui régnaient dans cette pièce blanche avaient greffé ma tête sur le corps d'un lapin. C'était une bonne blague, moi qui guettais ces lapins du haut du ciel et fondait dessus afin de les emporter là-haut pour les déguster, je faisais maintenant partie de cette faune à quatre pattes. Si ce n'était pas si horrible on aurait pu en rire.
Qu'allais-je devenir ? lapin à tête d'aigle, j'étais devenue une bête curieuse de labo, si on me relâchait dans la nature, c'est sûr qu'un de mes coreligionnaires me chasserait et m'emporterait là-haut entre ses serres pour faire ripaille en famille...
Je ne ne voulait pas être un lapin et courir sur le sol, je voulais retrouver l'azur pour jouer avec le vent et me laisser glisser sur l'air.
Le temps passait, je ne me nourrissais plus car je crois bien que ne savais plus manger, je souffrais beaucoup, leur greffe avait loupé, elle était en train de me tuer.
Je passais des heures complètement immobile l'œil hagard et vitreux, tandis que la vie me quittait lentement.
Et puis un jour, un jour de grande joie, je me suis retrouvée là-haut, je montais, montais, montais, j'entendais même des chants.
C'est alors que le ciel s'ouvrit sur un monde éclaboussé de lumière, je m'engouffrais dans l'ouverture pour rejoindre cette lumière, car je sentais que j'y serai bien.
J'étais arrivé au Paradis des animaux sous la houlette de saint François.
Livia