Par Liviaaugustae
La création...
(image internet)
La Providence à l'homme :
(…) La terre ne sait pas la loi qui la féconde ;
L’océan, refoulé sous mon bras tout-puissant,
Sait-il comment au gré du nocturne croissant
De sa prison profonde
La mer vomit son onde,
Et des bords qu’elle inonde
Recule en mugissant ?
Ce soleil éclatant, ombre de ma lumière,
Sait-il où le conduit le signe de ma main ?
S’est-il tracé soi-même un glorieux chemin ?
Au bout de sa carrière,
Quand j’éteins sa lumière,
promet-il à la terre
Le soleil de demain ?
Cependant tout subsiste et marche en assurance.
Ma voix chaque matin réveille l’univers !
J’appelle le soleil du fond de ses déserts :
Franchissant la distance,
Il monte en ma présence,
Me répond, et s’élance
Sur le trône des airs !
Et toi, dont mon souffle est la vie ;
Toi, sur qui mes yeux sont ouverts,
Peux-tu craindre que je t’oublie,
Homme, roi de cet univers ?
Crois-tu que ma vertu sommeille ?
Non, mon regard immense veille
Sur tous les mondes à la fois,
La mer qui fuit à ma parole,
Ou la poussière qui s’envole,
Suivent et comprennent mes lois.
Marche au flambeau de l’espérance
Jusque dans l’ombre du trépas,
Assuré que ma providence
Ne tend point de piège à tes pas
Chaque aurore la justifie,
L’univers entier s’y confie,
Et l’homme seul en a douté !
Mais ma vengeance paternelle
Confondra ce doute infidèle
Dans l’abîme de ma bonté.
Alphonse de Lamartine
(Méditations poétiques)
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