Jeudi 11 Novembre 2021
Ce sera l'Armistice
En 1972, Georges Brassens évoque le Soldat inconnu dans le cinquième couplet de sa chanson «Fernande » :
À l'Étoile où j'étais venu
Pour ranimer la flamme
J'entendis émue jusqu'aux larmes
La voix du Soldat inconnu...
Mais si son identité est restée volontairement inconnue, ce soldat français présente pourtant une qualité essentielle, qualité qui a d’ailleurs guidé le haut commandement à procéder à ce choix. Il faisait partie des combattants de la première ligne, de tous ces soldats, qui durant quatre années, ont lutté pied à pied pour défendre chaque arpent de la terre de France, résister pied à pied, tout le temps et par tous les temps ! Comme l’a écrit magnifiquement Maurice Genevoix, qui est mis à l’honneur à l’occasion de ce centenaire avec son entrée au Panthéon : «Ce que nous avons fait, c’est plus qu’on ne pouvait demander à des hommes, et pourtant, nous l’avons fait ! ». Mais être en première ligne, cela sous-entendait aussi, quand l’ordre en était donné, de sortir de sa tranchée et de monter à l’assaut, jusqu’au jour où la mort est venue le frapper… En fin de compte, il est mort pour avoir exécuté un ordre reçu… et cet ordre, c’était tout simplement «En avant !»
Il faisait ainsi partie de cette marée humaine des soldats de la première ligne qui ont résisté, en respectant la consigne : «Ils ne passeront pas !» Et c’est grâce à tous ces petits, ces humbles, ces sans-grade, ces anonymes, ces soldats qui ont souffert, en silence, dans leur corps et leur âme que la victoire a été rendue possible.
En ce 11 novembre, la France rend ainsi hommage à ce soldat inconnu, inhumé depuis un siècle au pied de l’Arche immense ; à travers lui et comme toujours, elle rend également hommage à tous les soldats qui sont morts au cours de la Première Guerre mondiale, comme à ceux qui ont sacrifié leur vie dans les guerres qui ont suivi et dans les opérations extérieures.
Aujourd’hui, ce sacrifice de quelque 1,4 million d’hommes, jeunes pour la plupart, nous semble incompréhensible à notre regard de citoyen du XXIe siècle, vivant dans un pays dont ni le sol, ni la population n’ont connu de conflit depuis plus de 80 ans. Pourtant, ils ne sont pas morts pour rien, puisque, par leur engagement, ils nous permettent encore aujourd’hui de vivre libres dans un pays en paix, et ce, malgré la menace sous-jacente de l’Islam radical… Leur vie n’a pas été perdue, elle a été donnée !
Avec la tombe du «Soldat Inconnu», chaque famille a enfin pu identifier un fils, un mari, un frère ou un père, et venir se recueillir, prier ou pleurer en pensant à lui et répéter avec Péguy :
Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fut dans une juste guerre…
Général Bruno Dary