L'argent et nous !
Ah l'argent ! Que ne ferait-on pas pour en avoir ?
Cet argent qui mène le monde depuis toujours, cet argent dont beaucoup rêvent, qui n'hésitent pas à jouer au loto, grattage, etc... avec l'espoir de gagner le gros lot, ce gain occupe leur esprit toute la semaine en constructions de châteaux en Espagne ou d'ailleurs et les font vibrer... (j'en connais)
Cet argent pour qui certains sont capables de faire des choses horribles, comme par exemple voler et aller même jusqu'à tuer !
Il faut de l'argent pour vivre – mais vivre pour l'argent – c'est se livrer pieds et poings liés au dieu Mammon dieu païen de l'argent. (Mammon est apparenté à Satan dont Victor Hugo nous parlait hier).
L'amour immodéré pour l'argent est apparenté à « l'avarice » cet horrible péché capital !
Le culte de Mammon
Evelyn de Morgan
« Mammon, dans le Nouveau Testament de la Bible, est la richesse matérielle qui est personnifiée en divinité à laquelle les hommes sont susceptibles de vouer leur vie. Son adoration correspond dans l'Ancien Testament ou dans la Torah au culte du Veau d'or et dans la morale catholique à l'avarice qui est l'un des sept péchés capitaux.
Mammon est parfois compris parmi les trois ou sept princes de l'Enfer. »
Wikipédia
Cet argent qui occupe tant les esprits, est affublé d'une pléiade de noms glanés sur internet : carbure, avoine, grisbi, oseille, flouze, pognon, thune, pèpète, pèze, fric, brique, et j'en passe, car la liste serait trop longue et je ne les connais pas tous.
Alors sommes-nous comme Harpagon, plutôt du genre avare soucieux d'entasser et toujours en quête de moyens pour s'en procurer ?
Ou bien sommes-nous plutôt dépensier afin d'acquérir et d'entasser encore et encore plus de biens ?
Ci-dessous la célèbre tirade d'Harpagon dans l'Avare de Molières, cette tirade montre combien l'amour immodéré de l'argent fait dire des inepties et parfois faire des actes répréhensibles !
Livia
Harpagon
Illustration de Pouget
Harpagon,
Au voleur ! au voleur ! à l’assassin ! au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné ; on m’a coupé la gorge : on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N’est-il point là ? n’est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête. (À lui-même, se prenant par le bras.) Rends-moi mon argent, coquin… Ah ! c’est moi ! Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! mon pauvre argent ! mon pauvre argent ! mon cher ami ! on m’a privé de toi ; et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie : tout est fini pour moi, et je n’ai plus que faire au monde. Sans toi, il m’est impossible de vivre. C’en est fait ; je n’en puis plus ; je me meurs ; je suis mort ; je suis enterré. N’y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m’apprenant qui l’a pris. Euh ! que dites-vous ? Ce n’est personne. Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu’avec beaucoup de soin on ait épié l’heure ; et l’on a choisi justement le temps que je parlais à mon traître de fils. Sortons. Je veux aller quérir la justice, et faire donner la question à toute ma maison ; à servantes, à valets, à fils, à fille, et à moi aussi. Que de gens assemblés ! Je ne jette mes regards sur personne qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur. Hé ! de quoi est-ce qu’on parle là ? de celui qui m’a dérobé ? Quel bruit fait-on là-haut ? Est-ce mon voleur qui y est ? De grâce, si l’on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l’on m’en dise. N’est-il point caché là parmi vous ? Ils me regardent tous, et se mettent à rire. Vous verrez qu’ils ont part, sans doute, au vol que l’on m’a fait. Allons, vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences, et des bourreaux ! Je veux faire pendre tout le monde ; et si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après.
(Extrait de L'Avare de Molières)