La pièce d’eau des jardins du château de Wörlitz…
« Hier soir, comme nous glissions à travers les lacs et les canaux, j’ai été amené à rendre grâces aux dieux pour avoir permis à ce prince de réaliser un rêve autour de lui. Quand on circule à travers ce paysage, comme si on vous racontait un conte de fées, on apprécie pleinement le caractère de ces champs Elysées dans toute leur variété.
[…] Les bosquets sont dans toute la beauté de leur jeunesse et l’impression générale est un charme absolu. »
Ainsi s’exprimait Goethe dans une lettre adressée à Charlotte von Stein en mai 1778.
Le lieu évoqué était les jardins de Wörlitz dans la principauté allemande d’Anhalt-Dessau, et le prince qu’il célébrait était le créateur de ces champs Elysées agrestes, Léopold III Frédéric François d’Anhat-Dessau. Ce n’est pas sans raison que cette petite principauté de Saxe, sous tutelle d’un prince éclairé et imprégné de l’esprit des Lumières, a mérité le surnom de « royaumes des jardins ». Il ne s’agit pas seulement, d’un ensemble d’espaces verts historiques, mais des centaines de kilomètres carrés, qui fut remodelés au XVIIIe siècle selon les principes philosophiques de l’âge des lumières, afin de relever un triple défi, esthétique, économique et éducatif.
Voltaire et Diderot, qui avait cru trouver en Frédéric II de Prusse ou la grande Catherine de Russie le souverain idéal, auraient mieux fait de jeter leur dévolu sur le prince d’Anhat-Dessau (1740-1871). […]
Afin de s’imprégner de ce qu’il y avait de mieux en Europe, il visita l’Italie, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne […]
Frédéric Guillaume d’Erdmannsdorff, architecte et théoricien de l’art, l’accompagnait, c’était l’un des hommes qui ouvrit la voie au classicisme allemand et qui fut le maître d’œuvre du futur « royaume des jardins » […]
Quand il parvint au pouvoir, le prince Léopold avait sous les yeux, à Oranienbaum , un palais et un parc de style baroque…
La maison gothique offre des réminiscences de l’architecture médiévale anglaise.
Sur le portique d’entrée, une inscription résume l’esprit et le dessein :
« L’amour et l’amitié l’ont construit
Puissent l’harmonie et la paix l’habiter
Et que les joies domestiques ne lui fassent pas défaut ».
Ce style de jardins à la française du style de Le Nôtre, ne correspondant pas aux vues du prince, celui-ci les modifia en partie en créant trois îlots reliés par des ponts…
Il s’appliqua ensuite à mettre en application les principes des parcs à l’anglaise qu’il avait vue en Grande-Bretagne […]
C’est à juste titre qu’en 2000, l’Unesco a inscrit Dessau-Wörlitz à son patrimoine mondial.
Je découvre aujourd’hui, au cours d’une lecture, ce beau château avec son merveilleux parc dans lequel il doit faire bon se balader…
Une jolie promenade à l’automne sous les frondaisons flavescentes ou au soleil, pour l’été prochain !
Liviaaugustae