Par Liviaaugustae
Le grand dragon rouge et la femme enveloppée de soleil.
William Blake.
Chant de l’homme
« Nombreuses sont les merveilles du monde,
Mais la plus grande des merveilles reste l’homme.
A travers la mer blanchissante,
II court, le vent du Sud en poupe,
II va, sous les vagues gonflées
Dont le bruit l’environne.
Et la divinité qui ne cède à personne,
La terre inépuisable et porteuse de grains,
Au soc de ses charrues chaque année ramenées,
II l’a usée et, retournée
Avec les fils de ses poulains.
Le peuple des oiseaux légers,
II le capture et l’emprisonne ;
Les bandes des bêtes sauvages,
Les tribus marines des vagues,
Dans les replis de ses filets tressés,
II a cent ruses pour les prendre.
Il dompte aux lacets de ses pièges
La bête fauve des hauteurs et des espaces,
Et sous le double joug il mène
Le cheval au col chevelu,
Et le fier taureau des montagnes.
Et le langage, et la pensée ailée,
Et l’esprit poli des cités,
II a appris à les connaître.
Il sait fuir sous son toit les coups de la gelée,
Et ceux de la pluie importune.
Il est l’Être aux mille ressources,
Et jamais l’avenir ne le prend –dépourvu.
Il sait l’art d’échapper aux maux inguérissables.
Seul le pays des morts peut arrêter sa course.
Sage dans ses moyens,
Inventif au-delà de toutes espérances,
II va tantôt au mal et tantôt vers le bien.
Quand il est Maître des cités,
II mêle les lois de sa terre
Aux droits qu’il a juré par les dieux d’observer.
Il n’est point digne de régner,
S’il fait le mal et s’il persiste dans l’audace.
Qu’il ne soit point assis à mon foyer,
Qu’il n’ait point avec moi une pensée commune,
L’homme mauvais !
(Sophocle, in Antigone. Traduction Robert Brasillach)
Offert par mon ami Le Scrutateur :
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