Eklablog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

L'homme qui voulait être empereur...

 

 

 

 

 

Antiquité

 

 

L’Empereur Tibère. 

(Musée Nationale d’Archéologie Naples) 

 

SEJAN, L’HOMME QUI VOULUT ETRE EMPEREUR…

 

Un Empereur de Rome doit avoir l’œil à tout et doit être efficacement secondé.

Or, précisément, un homme s’active dans l’entourage, car il a compris tout le parti qu’il pouvait tirer de la solitude désenchantée de l’Empereur : c’est un chevalier nommé Séjan, préfet du Prétoire. Il a la haute main sur les puissantes cohortes prétoriennes, et il intrigue sans cesse auprès du Sénat pour faire nommer ses propres créatures aux postes d’influences.

Il semble bien que Tibère se soit laissé séduire, envoûté même, par cet assistant de confiance, qui en vient peu à peu à faire la pluie et le beau temps. Les princes héritiers ne voient évidemment pas la chose d’un bon œil. Des scènes édifiantes distraits  les hauts milieux : Drusus, le propre fils de Tibère, en vient à se colleter avec le préfet, qui entretemps l’a bel et bien fait cocu. Mais le vaudeville cache peut-être une tragédie.

Tibère, durant les années 24 à 30, va vivre littéralement sous influence. Qu’espère au juste Séjan ? Prendre la place de Tibère ? Difficilement pensable : ce serait oublier Agrippine et ses fils !

Mais disposer dans l’ombre du pouvoir absolu par tacite délégation, se poser le moment venu en régent, cela oui. Il cherchera même à épouser sa maîtresse, la veuve du pauvre Drusus. Mais Tibère, choqué du culot phénoménal de son adjoint refuse. Alors Séjan trouve un autre moyen de gouverner à sa guise : il accoutume peu à peu l’Empereur, qui n’en a que trop grande envie, à l’idée de s’éloigner de Rome. En 26 c’est chose faite. Tibère se retire pour toujours sur le fameux rocher de Capri, refuge inexpugnable. Séjan a maintenant les mains libres pour mener à bien la seconde partie de son projet : éliminer Agrippine et le jeune Néron César, le successeur désigné.

Il lui suffira de les pousser l’un et l’autre à des imprudences fatales, et de faire avaler à Tibère, qu’une révolution se prépare à leur profit. L’affaire fut rondement mener : traduit en justice, Agrippine et son fils seront déclarés ennemis publics et déportés séparément. Quand il aura répété l’opération sur un autre fils de Germanicus, lui aussi nommé Drusus, Séjan aura gagné sur tous les tableaux. D’une part il aura réussi à faire éliminer par Tibère lui-même les gens de la famille impériale, d’autre part il aura définitivement aliéné à l’Empereur l’opinion romaine, viscéralement attachée à la famille de Germanicus. Joli coup en vérité.

[…] Mais Séjan fut perdu car Tibère avait reçu une lettre d’Antonia, la veuve de son cher frère Drusus, pour qui l’Empereur gardait une affection confiante. Dans cette correspondance, Antonia racontait tout : les menées de Séjan, les réactions des milieux romains, où l’on commençait à se demander si un Empereur n’en cachait pas un autre.

Sur le moment Tibère, assommé par la perte de ses dernières illusions, ne dit rien : ne pas alarmer le traître…

En secret, avec l’aide d’un ancien préfet des vigiles, Macron, il prépare sa vengeance. Elle sera foudroyante. Macron part pour Rome, s’assure sur place de la fidélité des prétoriens et il fait lire au Sénat une lettre de Tibère : ordre d’appréhender immédiatement Séjan. En un instant, la situation se retourne. Séjan n’est plus rien. Il est exécuté ainsi que sa famille et son corps tiré aux crocs, suprême déchéance jusqu’aux Gémonies (l’escalier sinistre qui relie le Capitole aux prisons). La foule met le cadavre en pièce : même pour les enfers Séjan est perdu ! Trois jours plus tard il ne reste plus rien de sa famille ni de ses amis : tous lynchés ou exécutés dans des conditions horribles.

Lucien Jerphagnon

Extrait de : L’histoire de la Rome antique, les armes et les mots.

Il ne reste aucune représentation de Séjan, car ayant eut la « damnatio memoriae »,  elles furent toutes détruites.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Oh tu sais, il n'était pas plus cruel que les autres...<br /> Bises mon amie
Répondre
N
Un homme cruel, principalement en milieu de régne et jusqu'à la fin qu'il eut violente, cela l'apprendra à avoir choisi Caligula comme héritier.<br /> Bises mon amie
Répondre