Statue de Moïse
Michel Ange
(Une barbe à faire pâlir d'envie tous nos barbus d'aujourd'hui...)
On raconte « qu'un baiser sans moustache, est une soupe sans sel », tant pis je déteste embrasser les hommes barbus (je n'aime pas le sel), elles ne fleurent pas toujours très bon, et parfois quand ils transpirent, c'est carrément beurk !
Mais c'est la mode, et presque tous les hommes sont peu ou prou barbus, les bruns, les blonds les roux et même ceux qui ont les poils blancs.
Et ces poils-là font couler beaucoup d'encre, tout le monde écrit à leur sujet !
J'ai lu dans une de mes revues, d'un écrivain que j'apprécie beaucoup, un article qui traitait de la barbe, je vous en offre un extrait :
« Sans doute est-ce la mode, sans doute donne-t-elle des airs « *hipster » décontractés, et sans doute ne compte-t-on plus les saintes barbes – de saint Joseph au Padre Pio, en passant par le Christ Lui-même - , mais tous les physiques ne s'y prêtent pas, et si certains ont la barbe Romanov, d'autres seraient plutôt Ben Laden.
« La barbe n'est pas seulement une élégance, mais une résistance ...à une société « dégenrée ». Elle st un moyen d'affirmer sa virilité » ! (dixit le figaro Madame)
Dans la nouvelle de Maupassant « La Moustache », le héros se rase pour tenir le rôle d'une soubrette. Ce serait dans l'optique inverse que les barbes fleurissent aujourd'hui comme pâquerette au printemps (…)
La barbe met à mal les présupposées féministes, et notamment celui de revoir dans la grammaire un outil d'oppression machiste ; rien de plus masculin que la barbe et pourtant le mot est féminin. Preuve que vouloir lier genre des noms et guerre des sexes pour y trouver l'illisible écriture inclusive trouve ses limites. (…)
Gabrielle Cluzel
*Hipster : mot anglo/américain apparu en 1940, désignant à l'origine les amateurs de jazz et de bebop dans les boîtes de nuits branchées. Depuis le début des années 2000, hipster, est de nouveau utilisé pour désigner des individus rejetant le consumériste et qui se démarque par un style vestimentaire, les cheveux savamment désordonnés, moustache à la papa et barbe...
Mais déjà Plutarque parlait de la barbe dans ses œuvres morales :
« La barbe ne fait pas le philosophe. »
Un proverbe français nous dit aussi que :
« La barbe ne fait pas l'homme »
Alors que beaucoup de ses contemporains en portaient une, Lucien de Samosate (120 après J.C.) est anti barbe :
« Si la barbe suffisait à la sagesse, un bouc vaudrait Platon. »
Un proverbe arménien va dans cette même direction :
« Si derrière toute barbe il y avait de la sagesse, les chèvres seraient toutes prophètes. »
Jonathan Swift (1667-1745), n'aime pas non plus les barbes, et les moque :
« Les vieillards et les comètes ont été vénérés pour la même raison : leur longue barbe et leurs prétentions à prédire les événements ! »
Et Pierre Dac, se demande avec humour si :
« Les hommes à barbe doivent-ils porter une cravate, puisqu'on ne la voit pas ? »
J'espère ne pas vous avoir rasé avec toutes ces barbes !
Liviaaugustae