Par Liviaaugustae
« Dansez et couronnez de fleurs vos fronts d'albâtre ;
Liez au blanc muguet l'hyacinthe bleuâtre,
Et que vos pas moelleux, délices d'un amant,
Sur le chêne glissent légèrement ; »
Alfred de Vigny
La valse
(Image internet)
La danse...
Tant que régna chez nous le menuet gothique,
D'observer la mesure on se souvint encor.
Nos pères la gardaient aux jours de thermidor,
Lorsqu'au bruit des canons dansait la République,
Lorsque la Tallien*, soulevant sa tunique
Faisait de ses pieds nus claquer les anneaux d'or.
Autres temps, autres mœurs ; le rythme et la cadence
Ont suivi les hasards et la commune loi.
Pendant que l'univers, ligué contre la France,
S'épuisait de fatigue à lui donner un roi,
La valse d'un coup d'aile a détrôné la danse
Si quelqu'un s'en plaint, ce n'est pas moi.
Je voudrais seulement, puisqu'elle est notre hôtesse,
Qu'on sût mieux honorer cette jeune déesse.
Je voudrais qu'à sa voix on put régler nos pas,
Ne pas voir profaner une si douce ivresse,
Froisser d'un si beau sein les contours délicats,
Et le premier venu l'emporter dans ses bras.
C'est notre barbarie et notre indifférence
Qu'il nous faut accuser ; notre esprit inconstant
Se prend de fantaisie et vit de changement ;
Mais le désordre même a besoin d'élégance ;
Et je voudrais du moins qu'une duchesse, en France,
Sût valser aussi bien qu'un bouvier allemand.
Alfred de Musset
*Tallien : Thérésa Cabarrus ou Mme Tallien, (nom de son deuxième mari) est née le 31 juillet au palais de San Pedro à Carabandel Alto, près de Madrid,.
Brillante, très belle et sensuelles, est une salonnière et une femme d'influence sous la Révolution française.
(Wikipédia)
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